Les manuscrits

On dénombre un peu plus de 3000 manuscrits du Haut Moyen-Age à l'époque contemporaine. Ils sont répertoriés en partie (jusqu'au numéro 1883) dans trois volumes du Catalogue général des manuscrits des Bibliothèques publiques de France, parus respectivement en 1894 (sous la signature de C. Couderc), 1902 (supplément n°40) et 1954 (supplément n°50).

L'époque médiévale

Bible de la Sauve Majeure,
manuscrit sur parchemin, XIe s.,
initiale enluminée
On notera, à titre anecdotique, que la pièce la plus ancienne de cette collection de 300 documents correspond à un fragment de parchemin carolingien non identifié, trouvé à l'intérieur d'une reliure.

On retiendra également des témoins remarquables de l'évolution de l'art de l'enluminure entre le 11ème et le 14ème siècle, avec notamment :
  • Le manuscrit n°1 (11e siècle) "Biblia sacra" dite Bible de la Sauve Majeure du nom de cette abbaye du bordelais d'où il est issu. Les lettrines, parfois historiées, qui ornent les têtes de chapitres sont de la facture du scriptorium du Mont Saint Michel et attestent de l'origine normande de ce superbe exemplaire.
Les Décades, de Tite Live,
manuscrit sur parchemin,
XIVe s., miniature
  • Le manuscrit n°7 (13e siècle), "Psautier à l'usage du diocèse d'Arles", provenant du Couvent des Feuillants est un véritable petit bijou en velin qui présente une abondance de motifs décoratifs originaux rehaussés à l'or courant à chaque fin de paragraphe ou en bas de page. Chaque mois du calendrier est symbolisé par de magnifiques miniatures sur le thème des signes du zodiaque et des travaux des champs.

  • Le manuscrit n°730 (14e siècle), "Les Décades" de Tite Live traduites par Pierre Bersuire est un remarquable représentant de l'Ecole Parisienne de la miniature, caractérisée par le filet tricolore encadrant les scènes historiées.

Pour l'extrême fin du 15e siècle, il convient de mentionner le volume 616 qui a été récemment identifié comme une des très rares copies contemporaines du premier manuscrit du "Traité de la Perspective" de Piero della Francesca conservé à Parme.

On relèvera également l'étonnante suite de registres de l'Inquisition espagnole en Aragon entrée dans les fonds à la fin du 19e siècle (Ms 1138 à 1184).

L'époque moderne 16e - 20e siècle

Oraison du soir,
poème manuscrit d'Arthur Rimbaud,
adressé à Léon Valade
Les richesses dominantes de cette période s'inscrivent dans les ensembles de pièces originales, archives privées ou publiques en lien avec l'histoire locale.

On citera, par exemple, les 106 recueils d'actes, mémoires, dissertations, correspondances de l'ancienne Académie de Bordeaux témoignant de l'activité au 18e siècle de cette institution à l'origine de la Bibliothèque.

L'étude des grands domaines viticoles de la région peut s'appuyer sur les sources en langue Gasconne du fonds Itié ou fonds du Château de la Trène inventoriés au 19e siècle par l'archéologue, dessinateur et graveur Léo Drouyn.

La connaissance du négoce bordelais à la fin du 18e siècle fait référence au fonds Lainé, du nom de Joseph Henri Joachim Lainé (1767-1835). Son activité
dans le commerce maritime nous a légué d'importants dossiers d'archive,
sur les « bateaux corsaires ».

Les archives de la seigneurie de La Brède, arrivées récemment avec la bibliothèque du château de Montesquieu, offrent une mine d'informations sur l'histoire de cette terre, du 13e au 19e siècle. Ce fonds reste à exploiter.

Miroir de la vie artistique et intellectuelle de leur temps, les notes et papiers d'érudits locaux, constituent une mine d'informations inédites sur les artistes de leur temps. Le fonds Charles Marionneau (1823-1896) est une source irremplaçable sur les grands salons de l'époque, et les œuvres d'art appartenant au patrimoine régional.

Les manuscrits littéraires et correspondances d'écrivains occupent une place très privilégiée dans ces fonds mis en lumière par les trois éminents représentants de la vie intellectuelle bordelaise : Montaigne, Montesquieu, Mauriac, méritant à eux seuls un développement particulier.
Oraison du soir,
poème manuscrit d'Arthur Rimbaud,
adressé à Léon Valade
Il ne faut pas occulter pour autant des noms moins prestigieux, mais représentatifs, dans leur genre, de courants idéologiques, ou de formes d'expression propres à leur époque. Leurs archives personnelles sont particulièrement intéressantes à explorer par rapport à leurs réseaux de relations littéraires et artistiques : par exemple le feuilletoniste et romancier populaire Fernand Lafargue (Ms 1747-1779), le poète fantaisiste Tristan Derème (Ms 1881-1884), le parnassien Léon Valade qui évoluait dans la mouvance du « Cercle des Vilains bonshommes » autour de Verlaine et Rimbaud (Ms 1640-1649).

S'y ajoutent deux figures du 20ème siècle respectivement entrées dans la réserve des manuscrits grâce à la libéralité de leurs héritiers (1976 à 1991) : l'essayiste et historien de l'art, Elie Faure (1876-1937) originaire d'une vieille famille de la petite ville de Saint-Foy-la-Grande et le poète épique André Berry (1902-1986), chantre allégorique de la Garonne, dans la lignée de Frédéric Mistral.
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