Les fonds particuliers

Une valeur ajoutée documentaire et artistique

Les collections iconographiques

Vue du port de Bordeaux.
Gravure de Garnerey d'après son tableau, 19e s.
DelpitV-6.
Fondu à l’origine dans la section "Art" des imprimés où l’on recense de belles séries d’albums illustrés ou de portefeuilles de gravures des 17e et 18e siècles, le fonds d’estampes s’est individualisé tardivement, à la faveur de dons considérables enregistrés dans les années 1893-1895.

Le plus important d’entre eux est celui de Jules Delpit (1808-1892), figure exemplaire des grands érudits du 19ème siècle. Ce militant actif de très nombreuses sociétés savantes, fondateur de la Société des Bibliophiles de Guyenne, avait rassemblé minutieusement sous forme de dossiers d’archives une prolifique documentation biographique et iconographique d’intérêt régional. La seconde comporte plus de 13 000 pièces très diverses (plans, dessins, gravures, rares photographies) réparties dans deux ensembles distincts : une partie topographique rassemblant plus de 6000 vues concernant Bordeaux et le Sud-Ouest, une partie classée par artistes où émergent les signatures de notabilités bordelaises : les peintres classiques Pierre Lacour, père et fils, le portraitiste Gustave Galard, l’archéologue et aquafortiste Léo Drouyn, l’architecte Louis Guy Combes auteur de nombreuses constructions officielles et privées à Bordeaux.

Moins abondante, la collection Charles Roullet se caractérise par un superbe choix de gravures des 17e, 18e et 19e siècles (près de 800 pièces) sur des thèmes divers : scènes mythologiques ou religieuses, portraits, vues de villes et de paysages, cérémonies royales. Bien que d’origine distincte, on peut y rattacher un superbe ensemble Piranèse comprenant une centaines de gravures isolées et 27 albums dont les "Antiquités romaines" et les  fantasmatiques vues de prisons de l’artiste.
P. Lacour : portrait d'enfant.
Dessin au crayon réhaussé de blanc et sanguine
Delpit 89/9
Le fonds d’estampes ne s’est pas figé sur cet héritage. Au cours du 20ème siècle, il a évolué ponctuellement par des dons isolés, des acquisitions volontaires et grâce au dépôt légal imprimeur. Des artistes bordelais contemporains sont entrés dans ce patrimoine : Paulette Expert, Paul Leuquet, Gérard Trignac.

La musique : partitions et écrits théoriques

Exemplaire rare d'un écrit théorique du
père de Mozart publié en France, 1770 M34/1
Le premier catalogue imprimé en 1858 faisait état d'un fonds varié de plus de 800 références, associant aux compositeurs les plus marquants de leur époque les noms moins connus de musiciens bordelais : Jambe de fer, Lully, Destouches, Couperin, Beck, premier directeur du Grand Théâtre de Bordeaux, Berlioz, Wagner, ... Aux partitions, gravées ou imprimées, s'ajoute un grand nombre de traités théoriques et de guides d'apprentissage : traités d'harmonie, dont celui de Jean-Philippe Rameau revêtu de sa dédicace manuscrite au président de l'Académie Jean Barbot, Méthode de violon de Léopold Mozart ...
Manuscrit d'un hymne patriotique de
F. Beck, directeur du Grand Théâtre, 1793
En 1898, ce noyau s'est considérablement enrichi avec le transfert à la Bibliothèque du fonds musical du Grand Théâtre particulièrement étendu pour le lyrique et la musique de scène (divertissements et ballets). L'inventaire général, réalisé ces dernières années dans le cadre d'un programme national subventionné, a mis en évidence des œuvres inédites, des manuscrits autographes de J.F. Le Sueur, F. Beck ... et permet d'évaluer la collection à plus de 3000 titres.

Le premier volume de ce répertoire a été publié sous le titre : Catalogue des fonds musicaux anciens conservés à la Bibliothèque de Bordeaux par N. Castinel (Bordeaux, Paris, 2000).

La numismatique : monnaies et médailles, jetons, poids de ville

Insigne de conseiller municipal aux
armes de la ville de Bordeaux, fin 19e
Le médaillier municipal a été confié à la Bibliothèque en 1959. Cette collection qui compte environ 9000 éléments affiche dans son contenu et ses provenances une prédominance régionale.
  • Les monnaies, soit parce qu'elles sont issues de trésors exhumés dans le bordelais (c'est le cas pour les monnaies antiques : trésors de Margaux, de Tayac ou de Prégnac), soit parce qu'elles ont été frappées dans des ateliers de la région (monnaies féodales aquitaniques, provenant notamment du don Evrard de Fayolle).
  • Les médailles, bien que plus diversifiées, présentent des spécimens très précieux liés à l'histoire locale : médaille à l'effigie de Montesquieu, gravée par Jules Dassier, médaille commémorative de la fondation de la Chambre de Commerce de Bordeaux.

Jeton officiel de la compagnie
bordelaise des tramways,
fin 19e-début 20e
  • Les jetons et insignes sont majoritairement issus de l'administration municipale bordelaise : insigne de conseiller municipal aux armoiries de la ville, insigne de mendicité, ...
  • Les poids de ville : le prestigieux ensemble donné par E. Lalanne en 1911 correspond à des poids de Guyenne et du Languedoc.

Ce critère de l'origine géographique prévaut toujours dans les choix d'acquisitions qui restent relativement exceptionnels.
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