Sur une superficie de 28 hectares, les végétaux, les bosquets, un bois en étoile, une rivière d'un hectare enchanteront les promeneurs. De nombreuses attractions sont prévues pour les enfants : un petit parc animalier, des cygnes et des canards, des promenades nautiques, un petit train, des voitures électriques, des manèges, des attelages mécaniques, des balançoires et un théâtre de marionnettes ainsi que des aires de jeux.
Le Parc bordelais, oeuvre paysagère d'Eugène Bühler
Beaucoup plus récent que le jardin public, le parc Bordelais inauguré en 1888 par le Président de la République Sadi Carnot, répondait à cet idéal de démocratie où "il faut donner une campagne à ceux qui n’en non pas" en prenant comme modèle des grands parcs parisiens de la seconde moitié du 19e siècle.
C’est sur les 28 hectares de l’ancien domaine Cutler, pour lequel une société anonyme avait projeté en 1864 "un parc et un jardin d’acclimatation" - où devaient être réunis les "spécimens les plus remarquables de la flore et de la faune des divers pays du monde" - que fut créé le parc bordelais dont on confia la conception au grand maître paysagiste Eugène Bühler.
La municipalité bordelaise l’avait acquis en 1882 grâce à la générosité de Camille Godard. Une grande allée de ceinture appelée "le baladoir" traverse différentes scènes végétales : des salles de verdures et des bosquets, un bois en étoile planté dans la tradition classique, des points de vue sur la rivière, le lac et la cascade.
La réhabilitation du parc dans le respect de l'esprit d'origine
Dessin d'origine d'Eugène Bühler
Les différentes tempêtes ainsi que des pratiques horticoles intensives ont fait petit à petit disparaître l'esprit d’origine. Après la tempête de 1999, qui entraina la destruction de plus de 700 arbres, la Ville confia à l’architecte-paysagiste Françoise Phiquepal, reconnue en tant que "spécialiste de Bühler", le soin de réhabiliter ce parc du 19e siècle en recomposant sa structure ancienne et replantant les essences d’origine. Son travail a consisté à retrouver les grands espaces de respirations, les amplitudes données par les allées, à redonner la liberté à l’eau jusque-là stagnante, autrement dit à faire renaître dans ces lieux l’esprit d’Eugène Bühler qui voulait que chacun, chaque jour, puisse inventer un parcours nouveau.
La réalisation s’est déroulée en quatre phases de 2003 à 2006. 2007 est l’année de finalisation du chantier. La collaboration entre Françoise Phiquepal et les jardiniers a donné naissance à un véritable joyaux paysager. Les grands travaux de réhabilitation ont permis de retrouver l’esprit d’origine du parc, tout en intégrant les usages d’aujourd’hui et les nouvelles pratiques d’entretien respectueuses de l’environnement.
Avec ses allées dégagées et ses nouveaux massifs de verdure qui isolent de l’environnement urbain, le Parc Bordelais est à redécouvrir avec :
plus d’arbres : 6 000 arbres et 8 000 arbustes ont été plantés dans le respect des plans de plantation d’origine des Bühler, remplaçant simplement les essences qui n’étaient pas adaptées.
plus de fleurs : la superficie globale de la surface fleurie a été pratiquement doublée, passant de 1 600 mètres carrés à 3 000 mètres carrés, ce qui représente 32 000 plantes fleuries actuellement contre 16 000 avant les travaux.
plus de mobilier : le mobilier a été redistribué, 130 bancs ont été installés
plus de jeux : l’emplacement des jeux d’enfants a été modifié pour une meilleure intégration dans le site. Les aires de jeux regroupées ont été agrandies et leur équipement repensé.
une vue dégagée sur le lac : les massifs de bambous qui avaient envahi la rocaille de la cascade ont été coupés.
Aujourd’hui, les aménagements se poursuivent avec la réfection des allées, la remise en état des petits bâtiments (abris, locaux prévention routière...) et la création d’une "forêt idéale". S’appuyant sur les vieux chênes comme éléments structurants la paysagiste a organisé la plantation progressive de plantes indigènes caractéristiques des forêts de chênes de la région, recréant une chesnaie idéale, ne nécessitant ni arrosage ni fertilisation chimique.
La restauration vue par Françoise Phiquepal, paysagiste
Conçu comme une promenade publique du 19e siècle, ce parc historique de 28 ha est planté d’environ 3000 arbres dont un millier est plus que centenaire. Il a été récemment replanté avec les essences d’origine pour faire renaître le vocabulaire paysager voulu par son concepteur Eugène Bühler. Celui-ci a mis en oeuvre un modelé de terrain souple produisant une topographie naturelle, à la façon d’un grand paysage largement traité. Les allées sont hiérarchisées, allant du "baladoir" de 11 m de largeur prévu à l’origine pour être emprunté par des voitures à cheval sur un sol macadamisé aux sentes intimistes. Les allées de promenade convergentes vers le lac central de 1,9 hectare et sa rivière anglaise, sont ponctuées d’alcôves ovales. Ces salles vertes sous les frondaisons des arbres exotiques sont des salons de conversation en plein air. Les carrefours constituent des évènements dans le parcours. Le tracé limpide est soutenu par des groupes d’arbres et des bosquets aux statures spectaculaires grâce à des contrastes étudiés de couleurs et volumes. Les massifs fleuris disposés en énormes loupes de couleurs sont des points d’appel visuel. Les lisières boisées augmentent l’impression de bulle verte au coeur de la ville
Le parc Bordelais est un lieu d’agrément et de villégiature citadine, un grand jardin d’enfants qui se veut dès sa création comme “un parc discret, lumineux et calme qui fasse ressortir une grande leçon d’harmonie".