
Inv. 82.10.34/1 et 90.10.33/2 :
cep et sarment de vigne,
Bordeaux, Saint-Christoly, 1er siècle
Collection Musée d'Aquitaine
(© DEC, photo J.Gilson)
Les origines du vignoble bordelais se situent à l'époque de la conquête romaine, quand, en 56 av. JC, Crassus conquiert Burdilaga et soumet les Bituriges Vivisques, peuple celte à l'origine du bourg.
Dans la cité décrite par le géographe grec Strabon au 1er siècle, le vin est pourtant encore peu présent. Importé de Pompéi puis du Narbonnais et d'Espagne, il reste une boisson chère dont le commerce n'enrichit que les Romains.
La conquête de la Bretagne (la Grande-Bretagne d'aujourd'hui) par Claude et l'importation de la biturica, un cépage résistant dont l'origine reste discutée, scelleront la vocation viticole de Bordeaux. En 71 après JC, quand Pline visite la région, les vignes sont là.
Du 1er au 4e siècle, de la conquête romaine à la célèbre apostrophe du poète Ausone à Bordeaux ("Toi qu'illustrent tes vins et tes fleuves"), le bourg biturige se transforme en une cité de négoce imprégnée d'une culture viticole qui pénètre tous les secteurs d'activité l'économie, les métiers, les arts, l'architecture. Le vignoble gagne lui aussi du terrain. Il conquiert les faubourgs de Burdilaga et les "côtes" de la rive droite.
Ausone
Né à Burdigala au début du 4e siècle après J.-C., Ausone étudia la grammaire et la rhétorique avant de devenir professeur. La réputation de ce "gallo‑romain" était si grande que l'empereur Valentinien le fit venir à Trèves pour être le précepteur de son fils. Le grand rhéteur bordelais, richissime, acheva sa vie dans les environs de Bordeaux où il possédait plusieurs belles terres. "Toi qu'illustrent tes vins et tes fleuves" est sa plus célèbre apostrophe à Bordeaux.