Le pont de pierre sans voiture

Depuis le 1er août, le pont de pierre est réservé  aux piétons, aux cyclistes et aux transports en commun. Une expérimentation de deux mois qui pourrait se prolonger après le 30 septembre si les résultats sont encourageants.
Le pont de pierre sans voiture
Cette fermeture du pont de pierre aux automobiles et aux deux-roues motorisés est expérimentale. Ce test grandeur nature va permettre d'évaluer les conséquences sur l'accessibilité du centre-ville de Bordeaux et sur la qualité de l'air.

Le constat
On notait une baisse notable de la fréquentation automobile et à une forte hausse de la circulation cycliste sur le pont de pierre. Ce pont ne représente plus que 5% des franchissements automobiles quotidiens de la Garonne contre 73% des franchissements à vélo (7 000 vélos quotidiens environ). Malgré ce faible nombre d'automobiles les files de voitures sont saturées en heure de pointe.
L'aménagement du pont de pierre n'est donc plus adapté aux nouvelles pratiques de déplacement. Cela conduit à des situations de conflit, voire d'accident, notamment entre piétons et cyclistes. Parmi les avantages attendus, le partage du pont entre piétons et cyclistes doit aussi améliorer le confort des uns et des autres en permettant d'optimiser l'espace dédié à chacun des modes de déplacement.
Les attentes
Selon les évaluations effectuées, près de la moitié des automobilistes franchissant jusqu'alors le pont de pierre passeront à un autre mode de transport à l'occasion de cette expérimentation. L'accessibilité en centre-ville sera ainsi améliorée puisque sur la file de 3 mètres de large du pont de pierre, il est possible de faire passer 6 fois plus de personnes en mode doux ou en transports en commun qu'en voiture.

Les bus et cars ne se retrouveront ainsi plus retardés en heure de pointe, englués dans le trafic du pont de pierre. Quant au pont Saint-Jean, franchissement sur lequel se reporteront majoritairement les véhicules qui empruntaient jusqu'alors le pont de pierre, les conditions de circulation devraient y rester bonnes. Les modélisations réalisées montrent également une amélioration de la circulation sur le pont Jacques-Chaban-Delmas mais aussi rive droite, quai de Brazza et avenue Thiers, assortie d'une hausse modérée du trafic sur l'axe Joliot Curie et les quais rive gauche.
Une période propice
Traditionnellement, le mois d'août correspond à la période de l'année où la circulation automobile est la plus faible et le mois de septembre à celle où la pratique du vélo est la plus forte. La période choisie est donc la plus propice au lancement de cette expérimentation, d'autant que la rentrée scolaire est souvent l'occasion de mettre en œuvre de nouveaux comportements, y compris de nouvelles habitudes de déplacement.
Une évaluation régulière
Cette expérimentation fera l'objet d'une évaluation et de mesures quotidiennes. Elle pourra donc être stoppée en moins d'une semaine si des dysfonctionnements majeurs, non anticipés, sont constatés.
A l'inverse, si les données relevées sur les flux de circulation, les temps de parcours et la qualité de l'air sont encourageantes, elle pourra être prolongée ou reconduite.
Règles de circulation
  • Ne sont autorisés à la circulation que les deux roues non motorisés, les taxis, cars de tourisme, Bordeaux City Tour et bus TBM.
  • Les piétons et les joggeurs doivent rester sur les trottoirs.
  • Les vélos doivent circuler dans le bon sens sur la chaussée. Il est notamment interdit de circuler à contre-sens et de couper les voies de tram en dehors des passages prévus à cet effet.
  • Les taxis et les bus doivent respecter les cyclistes et ne sont pas prioritaires par rapport à ces derniers.
Itinéraires de substitution
Durant l'expérimentation, plusieurs solutions s'offrent aux automobilistes et aux deux-roues motorisés :
  • Emprunter le pont Saint-Jean ou le pont Jacques-Chaban-Delmas pour traverser la Garonne
  • Mettre en œuvre de nouvelles habitudes de déplacement en privilégiant un autre mode que la voiture, ou en mixant l'utilisation de la voiture à d'autres usages (train, bus, tramway, vélo personnel, V3, car, covoiturage, autopartage…).

Bilan à mi-parcours : positif

Au cours du mois d'août, 400 000 passages en modes doux ont été enregistrés sur le Pont de pierre, partagés entre les piétons et les cyclistes.

Les indicateurs concernant les cyclistes ont montré des résultats globalement positifs :
  • la fréquentation du Pont de pierre était due en très grande majorité à des cyclistes habitant la Métropole, avec biensûr deux pics d'affluence constatés, le matin et le soir aux heures d'embauche et de sortie du travail
  • le record du nombre de passages sur le pont en vélo a été battu à plusieurs reprises pour atteindre 10 235 cyclistes jeudi 31 août
  • samedi 2 septembre a constitué un record pour une journée de week-end, avec 7 125 vélos comptabilisés
  • en moyenne, sur l'ensemble du mois d'août, 7 257 cyclistes ont utilisé le pont par jour. Cela représente 1 500 cyclistes de plus que l'année dernière sur la même période, soit une augmentation de 25%.

Concernant la circulation automobile, les premières données sont encourageantes, même si Alain Juppé tient à souligner que des conclusions définitives ne pourront être tirées qu'à l'issue de l'expérimentation.
Des changements de comportement ont été notés :
  • le test a permis d'amorcer un véritable report modal de la voiture vers d'autres modes de déplacement. Il a été compté que, chaque jour, 3 000 voitures de moins circulaient sur les 5 ponts de la métropole et 1 500 de ces voitures ont été remplacées par des vélos
  • la majorité des automobilistes qui circulaient sur le pont de pierre, et qui ont continué de circuler en automobile, sont passés par le pont Saint-Jean (7 000 voitures par jour). Ceux qui se sont orientés vers le pont Jacques-Chaban-Delmas ont ajouté 1 500 voitures par jour à la circulation quotidienne sur ce pont
  • l'amélioration de la capacité des ponts Saint-Jean et Jacques-Chaban-Delmas a suffi à maintenir des conditions de circulation globalement équivalentes à celles du mois d'août 2016
  • à la surprise générale, ce changement n'a donc pas ralenti la circulation sur le pont : un gain d'une minute entre Cenon et Bordeaux prouve même que certains trajets ont été améliorés.

La rentrée début septembre
Depuis la fin des congés, les observations montrent une situation comparables à celle de la rentrée 2016. Mardi 5 septembre, un test important a été franchi avec la levée du pont Jacques-Chaban-Delmas en heure de pointe (entre 6h30 et 7h45).
Sur le pont Jacques-Chaban-Delmas on a dénombré 28 452 véhicules lundi et 26 600 mardi.
Sur le pont Saint-Jean on a dénombré 52 363 lundi et 54 466 mardi.
Les ralentissements ont en effet été forts à la sortie de l'A10 et sur la rocade. Mais ce type de congestion n'étant pas inhabituel en ce type de circonstances, on peut tempérer cette observation négative.
Ces chiffres ont augmenté par rapport à l'année 2016 mais restent conformes au diagnostic fait sur le mois d'août. En effet, cette hausse a commencé avant la fermeture du pont de pierre, dès le mois de juin, grâce aux aménagements réalisés pour augmenter la capacité de passage de ces ponts.
 
Quant au vélo, les chiffres enregistrés sont très encourageants : 8 207 cyclistes ont été comptabilisés lundi, malgré des conditions météorologiques défavorables, et 10 622 cyclistes mardi.
 
La vitesse sur le pont Saint-Jean revue à la baisse
Pour des raisons de sécurité, notamment celle des deux roues de moins de 50 cm3, les élus ont décidé de limiter la vitesse sur le pont Saint-Jean à 50km/h (contre 70km/h actuellement). Cette décision qui permet d'harmoniser la vitesse est effective dès le milieu de la semaine. Le temps moyen perdu pour les automobilistes sera très faible : de l'ordre de quelques secondes.

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