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GRÈVE DANS LES ÉCOLES VENDREDI - MAJ : 12/12/2019, 15h30 ► La situation dans les établissements bordelais

Esclavage : poursuite du travail de mémoire

L'ONU a fixé au 2 décembre la Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage.
Celle-ci correspond à la date anniversaire de l'adoption par l'Assemblée Générale des Nations Unies, de la Convention pour la répression et l'abolition de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui, le 2 décembre 1949.
Premier port colonial et troisième port négrier entre le 17ème et le 19ème siècle, La Ville de Bordeaux s'associe à cette commémoration.
Esclavage : poursuite du travail de mémoire
"Strange fruit", de Sandrine Plante-Rougeol

Une sculpture mémorielle

A l'occasion de cette Journée internationale, une sculpture mémorielle, "Strange fruit", de l'artiste réunionnaise Sandrine Plante-Rougeol a été inaugurée dans les jardins de l'hôtel de ville.

Des plaques bientôt dans les rues

Six plaques explicative, portant le nom de Bordelais de renom et négriers reconnus, seront posées dans les rues en début d'année 2020.

Cours Journu-Aubert
Bernard Journu-Aubert (1748-1815) a été président du Tribunal de commerce (1792-93) puis de la Chambre de commerce de Guyenne, conseiller général, député et sénateur. Il a été impliqué indirectement dans la traite des Noirs puisqu'il était associé dans sa jeunesse au déploiement des activités de négoce familial par le biais de la société Journu Frères. Celle-ci a organisé cinq expéditions de traite négrière entre 1787 et 1792.
 
Rue Mareilhac
Jean-Baptiste Mareilhac (1756-1838) a été maire de Bordeaux en 1796 et conseiller général de 1800 à 1807. Ce riche armateur était membre de la Chambre de commerce et délégué du Conseil de commerce de Bordeaux. Il a investi dans le système de production et d'échanges transatlantique. Il est désigné comme l'un des neuf délégués du Conseil du commerce de Bordeaux devant rédiger un rapport en réponse à l'enquête lancée par le gouvernement à propos du devenir de la loi contre l'esclavage en 1801-1802. Il s'associe le 15 février 1802 à ses conclusions favorables à son rétablissement Outre-mer. Il aurait organisé une expédition négrière en 1792.

Rue Gramont
Jacques-Barthélemy Gramont (1746-1816) a financé trois expéditions de traite : une en 1783 et deux autres en 1803. Il devient consul de la Bourse de Bordeaux en 1784. Il est conseiller général de Gironde entre 1800 et 1807 et président de la Chambre de commerce de Bordeaux de 1806 à 1809. Il est nommé adjoint au maire de Bordeaux en 1806 puis maire pendant les Cent Jours le 2 mai 1815. Il est l'un des cinq négociants qui font partie de la commission de neuf membres qui représente Bordeaux auprès de Napoléon Bonaparte lors du débat sur le rétablissement de la traite des Noirs en 1801-1802 dont le rapport plaide en faveur de la « liberté de commerce » et donc de la traite.

Passage Feger
Il s'agirait des Feger-Latour. Entre 1742 et 1783, ils ont expédié six navires pour la traite sur cent vingt et un armements coloniaux. C'est dans les années 1770 que des Feger-Latour sont associés aux diverses facettes du négoce transatlantique et caribéen dont la traite des Noirs. Les membres de la famille font partie des notables de la ville et sont membres de la Chambre de commerce de Guyenne.

Rue David Gradis
La firme David Gradis et Cie a armé deux cent vingt et un navires pour les colonies de 1718 à 1789 dont dix pour la traite des Noirs. La firme gérée par la même famille depuis l'origine se maintint jusqu'au XXe siècle. En 1724, David Gradis (1665-1751) acheta près du cours de la Marne un terrain qui devint le premier cimetière juif de Bordeaux. C'est à ce titre et parce que ses descendants furent aussi des notables bordelais que son nom a été donné à cette rue.

Rue (Pierre et Paul) Desse
Pierre Desse (1760-1839), marin bordelais, a été capitaine de quatre expéditions négrières entre 1789 et 1818 et s'est aussi illustré comme capitaine corsaire. Il connut la gloire pour avoir sauvé quatre-vingt-douze hommes d'un navire hollandais en perdition (le Colombus). La Chambre de commerce de Bordeaux fait frapper en 1823 une médaille en son honneur. Son neveu Paul (1808-1862) sauva lui aussi cent douze hommes d'un navire anglais (le Marquis de Campden) en perdition en mer de Chine ce qui lui valut, semble-t-il, d'être associé à son oncle pour la dénomination de la rue.
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