Groupe Bordeaux en luttes - Décembre 2020

Y a-t-il une majorité de gauche à la mairie ?

Rappelons-nous, il y a à peine 5 mois, c'était l'évènement, après plus de 70 ans, la droite se faisait dégager (enfin), remplacée par une gauche qui promettait alors un changement historique. Mais voilà, encore une fois, l'arrivée de la gauche ne change pas grand-chose.

Bon d'accord, ça ne fait que 150 jours. On nous dit qu'il faut laisser du temps mais combien de temps il faut alors pour faire ? On nous dit aussi, que ce n'est pas si simple, qu'il y a des lois qui empêche de d'agir, que responsabilités de la mairie sont limitées, que tout n'est pas possible.

Et oui, il existe de nombreuses raisons pour justifier une absence d'action. Cela est d'ailleurs très confortable pour la nouvelle majorité. "On aimerait bien mais on ne peut pas". Dire le contraire ce serait faire "rêver les gens". Soyons donc réalistes et assumons la continuité, sans rien bousculer.

Nous sommes loin des discours de campagne, de tout ce qu'il fallait changer socialement, écologiquement, démocratiquement. Une fois le pouvoir obtenu, mais le discours change, les engagements et le programme s'éloignent et s'oublient. Comme d'habitude. Même la droite s'emmerde car elle n'a pas grand-chose à dire, à part gesticuler sur un arbre de Noël.

Est-ce un manque de conviction ou un manque de courage politique ? Un peu des deux ? Le fait est qu'à aucun moment les signaux d'une rupture politique ont été donnés. En juillet, dès le début du mandat, il y avait les moyens de dire clairement les choses, de frapper du point sur la table, d'annoncer des mesures radicales contre la pauvreté, pour soulager les familles les plus précaires, pour donner des droits de décider à la population, d'aller clairement vers une politique environnementale, en s'attaquant à tout ce qui pollue, esquinte la santé des gens…

En vrai, rien n'empêche d'avoir une politique sociale ni de se confronter aux puissances de l'argent, d'en appeler à la population à agir. Rien n'empêche d'agir vite, à part peut-être l'absence de volonté.

Surtout, les urgences sociales et sanitaires sont là. Il y a toutes les raisons de changer radicalement de politique, pour mettre les moyens financiers au service de la population. Oui il y a des mesures à prendre comme geler ou même suspendre les loyers ; reloger en urgence les personnes sans-abris, par la réquisition des bâtiments vacants ; mettre en place des structures de santé dans les quartiers, pour distribuer les masques, pour le dépistage, pour soutenir psychologiquement, pour informer, sensibiliser, aider ; assurer la continuité culturelle et sportive ; maintenir les commerces de proximité, les producteurs locaux, renforcer les circuits courts ; recruter dans les écoles, les centres d'animations, renforcer les services publics partout...

Les moyens existent pour faire tout cela. Seulement il faut oser redistribuer l'argent, réorienter les budgets vers les besoins urgents.

Qu'est-ce qui serait si compliqué dans tout cela ? En tout cas, avant de dire que ce n'est pas possible, il faut essayer.

Si cela ne vient pas de la mairie, alors la population doit s'en mêler, en se mobilisant pour une vie décente, pour toutes et tous.
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