Groupes écologiste - Janvier 2020

Des pollutions qui appellent à un réel volontarisme

Le rapport de développement durable de la ville de Bordeaux a été publié récemment en fin d'année dernière. On y apprend que la pollution au dioxyde d'azote (NO2) et aux particules en suspensions dans l'air dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (PM10) augmente.

Le dioxyde d'azote (NO2), est un gaz très toxique émis principalement par le trafic routier. Or, à Bordeaux, c'est une augmentation de 8,1% en un an qui conduit à atteindre la valeur limite définie par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Bordeaux rejoint donc douze autres agglomérations dont les résultats ont mené à la condamnation de la France par la Cour de Justice de l'Union Européenne en octobre dernier, aux motifs du manquement de la France aux obligations issues de la directive sur la qualité de l'air de 2008.

Concernant les PM10, ils sont également en augmentation, et encore, les PM 2,5 et les particules ultrafines ne sont pas encore contrôlées. En un an, le taux de PM 10 a augmenté lui, de 8,7%. L'OMS recommande, pour la santé des habitants, des valeurs annuelles de pollution par les PM10 ne dépassant pas les 20 μg/m3. Or, à Bordeaux, la moyenne annuelle maximale s'élève à 25 μg/m3. Plus grave encore, nombre d'écoles et de crèches où la pollution a été contrôlée dans le cadre de l'enquête de Sud-Ouest, sont concernées par une pollution plus importante. Cette exposition peut entraîner de nombreuses complications respiratoires (asthme, bronchites). Une exposition à long terme à ces polluants est aussi source de cancers, de maladies chroniques et de décès prématurés.

En 2009, lors de la présentation du projet de Plan de Protection de l'Atmosphère, il nous était déjà précisé : "La population [de l'agglomération] susceptible d'être exposée à des valeurs supérieures aux seuils réglementaires a été estimée à 40 000 personnes pour les émissions de PM 10 et à 7 500 pour les émissions de dioxydes d'azote - NO2".

Atteindre les valeurs-cible de l'Organisation mondiale de la santé allongerait en moyenne l'espérance de vie de chacun d'un trimestre (3,3 mois) tout en évitant 200 000 décès prématurés en Europe.

Ces pollutions impactent notre santé, et impactent nos émissions de gaz à effet de serre. Avec les accords de Paris, nous nous sommes engagés à contenir l'élévation de la température de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Rapporté à Bordeaux, nous devrions d'ici 2030 réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 40%, soit entre 2,5% et 3,4% par an. Dans l'état actuel des choses, la ville est une sur pente ascendante de 1% par an. Si la ville ne pourra pas faire basculer les résultats nationaux, elle se doit de participer à un effort collectif.

La ville de Bordeaux n'est malheureusement pas encore au rendez-vous des impératifs climatiques et écologiques.
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