Groupes écologiste - Octobre 2017

Une monnaie locale : pourquoi s'en priver ?

Une monnaie locale, la monnaie d'intérêt économique local (MIEL), circule à Bordeaux depuis 2016. En une seule année d'existence dans notre ville, la MIEL a été acceptée comme moyen de paiement par 55 prestataires bordelais (commerçants, professions libérales…). L'intérêt de cette monnaie complémentaire est de dynamiser l'économie locale en relocalisant les échanges, puisqu'elle ne peut être dépensée en dehors du territoire où elle est acceptée. Contrairement à l'euro, cette nouvelle monnaie ne peut pas être placée sur un compte en banque. Elle est donc destinée à faire tourner l'économie réelle. Parce qu'elle stimule les échanges locaux, cette monnaie contribue à la résilience économique locale, tout en réduisant notre empreinte écologique et crée de la croissance économique grâce à une circulation plus rapide (entre trois et dix fois plus vite que l'euro). Cela encourage également la diversification de l'économie locale pour aider à la création d'emplois non délocalisables.

De plus, les prestataires qui acceptent les MIELs s'engagent à signer une charte éthique, écologique et sociale. Les euros échangés contre des MIELs (1 €= 1MIEL) sont placés sur un livret associatif géré par la coopérative de finances solidaires "La Nef", pour constituer un fonds de garantie et financer des projets culturels, écologiques et sociaux ancrés sur le territoire.

Certaines villes proposent déjà la possibilité de paiement de leurs services publics locaux avec cette monnaie, à l'instar de Toulouse où, par exemple, une partie des aides sociales du CCAS peut être versée en monnaie locale, ou Boulogne-sur-Mer, où les dépenses de transport en commun peuvent être acquittées ainsi.

Nous avons récemment écrit au maire de Bordeaux afin que notre ville s'associe à cette dynamique naissante, en étudiant la possibilité d'accepter le paiement de certains services publics en monnaie complémentaire (piscines, musées…). La possibilité du versement des indemnités des conseillers municipaux en monnaie locale pourrait être progressivement envisagée.

À Bristol, ville jumelée avec Bordeaux, les entreprises et les habitants peuvent déjà payer leurs taxes locales en "Bristol pounds", et l'indemnité du maire a été payée de cette façon. En Suisse, le "wir", créé suite à la crise financière de 1929, est toujours utilisé par 60 000 membres dont 50 000 PME. En France, il existe aujourd'hui une quarantaine de monnaies locales qui se sont beaucoup développées après la crise financière de 2008, la plus importante est l'Eusko au Pays basque. La monnaie locale permet aussi de lutter contre la financiarisation de notre économie.

Ainsi, avec la monnaie locale, un nouveau type d'échange peut être instauré, plus éthique, plus solidaire, plus responsable : soutenir une dynamique économique locale en favorisant des échanges de proximité, promouvoir des biens et services de qualité respectueux de la santé publique et de l'environnement, et stimuler de nouveaux liens sociaux.

Pourquoi s'en priver ?
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