Groupe socialiste - Octobre 2017

Pénalisation et augmentation des coûts ne sont pas les seules armes

La Ville de Bordeaux a une vision très punitive des objectifs que nous partageons tous : alléger la circulation, fluidifier le trafic et réduire la pollution. Ceci en ne négligeant pas deux priorités, conditionnelles d’une capitale régionale active : faciliter la vie des Bordelais et réduire le stress de ceux qui y travaillent. Que voyons-nous au contraire ? Une augmen- tation majeure des coûts de stationnement, en surface comme dans les parkings, une quasi-généralisation des zones payantes, un doublement des pénalités pour dépassement d’horaires… Le seul stationnement de surface a rapporté en 2016 huit millions d’euros au budget municipal ! Pendant ce même temps, les difficultés s’accumulent pour ceux qui doivent utiliser leur véhicule pour leur activité professionnelle ou parce qu’ils y sont obligés du fait de leur âge ou état de santé, transports de charges… Rappelons que 50 % des Français ne peuvent se déplacer facilement à vélo pour les raisons précédemment évoquées. Ne les stig- matisons pas mais allégeons au contraire leurs difficultés en proposant à ceux qui peuvent se déplacer autrement des tarifs et de nouveaux services adaptés (vélos électriques, auto-partage, co-voiturage…). Ces difficultés sont multiples et s’ajoutent les unes aux autres. La pre- mière, réjouissante en tant que telle, est l’augmentation du nombre d’habitants, ceci sans que les équipements, et en particulier les parkings de proximité, suivent le même rythme, ce qui rend les déplacements plus nombreux. La deuxième est la frénésie de changement des voies de cir- culation : tel tourne à gauche devient d’un jour à l’autre un tourne à droite, telle interdiction de circulation change de sens. La fermeture du pont de pierre cet été a réjoui les cyclistes mais n’est pas favorable à l’unité de nos deux rives. Tout cela a de quoi retarder votre arrivée à destination ! De plus, l’impact des travaux de la ligne D du tram transforme la sortie nord-ouest de la ville en Paris-Dakar et embolise les véhicules. Logique, MAIS les habitants des quartiers concernés ont-ils bénéficié pour cela de quelques facilités ? Non !

Pendant ce temps, le prix des parkings souterrains a augmenté au béné- fice des gestionnaires privés, quand la loi introduisant la tarification au

¼ d’heure avait pour but d’améliorer le pouvoir d’achat des utilisateurs. Le stationnement payant, dans toute l’enceinte des boulevards, satisfait une part des habitants mais impose un coût régulier très lourd à ceux qui viennent travailler à Bordeaux à partir de lieux mal desservis. L’espace public, qui comme son nom l’indique appartient à tous, est aujourd’hui non pas "organisé", mais commercialisé au bénéfice de la municipalité. La mobilité est un bien commun et les mesures prises doivent se faire au bénéfice de tous. L’incitation doit primer sur la pénalisation : tarifs de transports réduits pour les personnes à petits revenus ou à mobilité réduite ; navettes pour éviter l’embolisation des accès aux gros éta- blissements scolaires ; véhicules électriques : majoration de la prime à l’achat de 200 € pour les vélos et pour les voitures, contribution métro- politaine à l’achat, multiplication des bornes de recharge (seulement 10 à Bordeaux !) et stationnement gratuit, ce qui augmentera leur l’attractivité dans l’objectif de voir ces seuls véhicules accéder aux centres-villes. Nous multiplierons les propositions lors des conseils municipaux. Chaque fois que possible l’écologie doit être attractive et amicale à tous.

 
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