Groupe socialiste - Juin 2018

La démocratie participative en panne !

Bordeaux est une ville où la démocratie participative est lente à se mettre en place. C'est la raison de la colère chez les Bordelais sur de nombreux sujets comme le coût du stationnement, la fermeture du pont de pierre, la circulation, le plastique dans la restauration scolaire, les projets d'urbanisme, le développement durable.
Face à cette colère, le maire répond que les Bordelais sont conservateurs, ou pire de simples râleurs… pour notre part nous ne le croyons pas. Aussi, si nous regardons de plus près ces grognes, elles sont à la fois justifiées, elles s'appuient sur le bon sens et ont deux points communs : l'absence de concertation préalable et le refus de dialogue de la mairie tant avec les citoyens qu'avec les élus locaux d'opposition.
Les décisions sont prises de manière verticale sans interroger les Bordelais sur les conséquences de cette décision dans leur quotidien et sur leur environnement.
Ainsi, la mise en place du stationnement payant rend la ville trop onéreuse pour nombre de Bordelais déjà asphyxiés par le prix de leurs loyers et de leurs impôts locaux, les poussant trop souvent, la mort dans l'âme, vers un déménagement hors des murs de la ville, sans prendre en compte les différences économiques des citoyens.
De même, la fermeture du pont de pierre sans concertation préalable a entraîné la baisse d'activité parfois dramatique chez certains commerçants et, par voie de fait, la disparition d'emplois…
Des projets immobiliers sont imposés dans les quartiers sans mesurer les effets pervers sur le cadre de vie des habitants, telle la tour Saint Jean, 60 m de hauteur, parachutée au milieu d'immeubles bas de logements, alors qu'aujourd'hui, les urbanistes préconisent de « de ne pas projeter leur ombre portée sur d'autres habitations mais plutôt sur des bureaux* ». D'autres ne mesurent pas leur impact contraire aux principes du développement durable, telle la villa Shamengo, prétendue vitrine de l'innovation verte, qui va défigurer pendant cinq ans l'allée Serr, puis sera démolie…
Comme dans de nombreuses villes, la monarchie municipale n'est pas un mythe et instaure une forte distance entre élus et citoyens. C'est de là que naît la colère bordelaise, fondée sur le refus de subir des décisions unilatérales, prises sans analyse suffisante ni concertation.
Nous n'aspirons qu'à apporter un vivre à Bordeaux autrement, afin que la transformation de notre belle ville n'échappe pas complètement à ses habitants. Nous ferons au maire très rapidement des propositions pour mieux faire vivre la démocratie locale comme nous l'avions fait en début de mandature.

*Gérard Penot, architecte urbaniste.
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