Groupe du Front national - Octobre 2017

Impacts du tourisme à Bordeaux

Après avoir été élue ville où les Parisiens rêvent de s’installer, destination européenne de l’année et ville 2017 la plus attractive du monde, Bordeaux vient d’être désignée "ville la moins stressante de France".

Avec plus de 6 millions de visiteurs par an, la destination est plébiscitée pour son environnement exceptionnel (vignobles et façade atlantique), l’œnotourisme, son patrimoine et sa gastronomie. Pour la 1re fois, la métropole bordelaise se classe juste derrière Paris en termes de taux d’occupation des hôtels et de revenu par chambre. Les retombées économiques globales dépassent le milliard d’€ et feraient vivre plus de 6 500 personnes sur l’agglomération. Conséquences : 340 restaurants ont ouvert en un an et 11 000 offres de location sur Airbnb qui collecte la taxe de séjour à Bordeaux depuis un an. Ainsi, les recettes déclarées en six mois s’élèvent à 0,19 M€ "C’est un apport conséquent", déclare le directeur de l’Office du Tourisme.

Six millions de touristes, mais combien d’emplois ?
Les estimations varient du simple au double selon que l’on se fie à l’INSEE ou à la CCI. La mairie reconnaît les difficultés à obtenir des chiffres fiables. Bordeaux est désormais une des grandes métropoles d’accueil de congrès et de rencontres professionnelles : 400 événements en 2016. Les paquebots amènent 35 000 touristes par an, ce qui génère des retombées sur l’économie locale et l’emploi. Mais comment évaluer l’impact sur le commerce en ville ? Pour le tourisme fluvial (200 excursions), 208 postes d’équipage sur les bateaux ont été créés. L’aéroport de Mérignac doit, cette année, dépasser les 6 millions de passagers avec une clientèle internationale en plein développement. Pour l’œnotourisme, les données globales manquent. Le tourisme non-marchand (entre particuliers) représentant 60 % de l’activité touristique, échappe aux données statistiques. La mesure des effets économiques en est d’autant plus complexe.

Mais le tourisme impacte notre qualité de vie. Contrepartie des apports sur l’économie, la dégradation de notre environnement se fait jour : le tourisme générant 60 % du trafic aérien, produit une source importante d’émission de gaz à effet de serre. Un bateau de croisière produit 7 000 tonnes de déchets par an. À Bordeaux, des branchements électriques permettant aux navires de s’alimenter en énergie pendant leurs séjours, limiteraient la pollution au fioul. Une ressource naturelle locale comme l’eau est surexploitée. Enfin, le tourisme accélère la hausse des prix de l’immobilier, de l’exode urbain des moins aisés et des déplacements domicile-travail.

L’apport de l’aménagement urbain intégrant la dimension touristique est indéniable, mais le classement de l’Unesco en 2007 résulte avant tout de notre remarquable patrimoine. Celui-ci est parfois délaissé par la majorité municipale au bénéfice des nouvelles constructions de"prestige". Avec la LGV, Bordeaux devient une métropole touristique internationale : 18 millions de voyageurs transiteraient par Bordeaux en 2020. Bordeaux prend-elle le chemin du tourisme de masse ? On peut le craindre. L’impact du tourisme sur la vie de quartier conjugué à celui de la boboïsation, est palpable. La majorité municipale déclare se mobiliser pour la préservation du style de vie et de l’esprit bordelais, nous y veillerons.
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