Groupe majorité municipale - Février 2019

Bordeaux, Métropole inclusive : pour une attractivité partagée

Dans le climat national tourmenté de ce début d'année, Bordeaux cristalliserait bien des maux. Trop attractive, trop riche, trop égoïste de son succès, la Ville et la métropole bordelaise feraient des territoires environnants les victimes de leur dynamisme économique ! Cette fracture territoriale serait le berceau du malaise profond exprimé lors de manifestations désormais hebdomadaires, qui aboutissent à une injustifiable violence, à la casse systématique et au pillage de la ville de la part d'une frange des manifestants. Et le tribut à payer est lourd : le montant des dégâts est provisoirement estimé à 1 million d'euros à l'issue de dix samedis d'exactions commises en marge des manifestations à Bordeaux. 90 % des commerçants du centre-ville ont enregistré une baisse de leur chiffre d'affaires, dont près du quart supérieure à 50 % courant décembre, un mois crucial pour beaucoup de boutiques indépendantes, dont la survie est aujourd'hui compromise.
Si la colère et la souffrance sont réelles et doivent être entendues au niveau national, il est temps d'en finir avec les raccourcis, les fausses idées distillées dans la galaxie de l'instantané et destinées à monter les territoires et leurs habitants les uns contre les autres. À regarder de plus près, il est pourtant très clair que l'attractivité de Bordeaux profite à l'ensemble du territoire girondin, et même au-delà. La croissance démographique à l'échelle de la Gironde (+ 1,3 % entre 2010 et 2015 selon l'Insee) est supérieure à celle de Bordeaux (+ 0,9 %), traduisant le dynamisme démographique du département, et récusant l'idée selon laquelle la Ville absorbe tous les nouveaux arrivants. Bordeaux est également accusée d'être une ville de riches : son taux de pauvreté, s'élevant à 17,2 %, est supérieur de 4 points au taux de pauvreté départemental. En ce qui concerne la création d'emploi, le Commissariat général à l'égalité des territoires, dans une étude récente, a classifié les métropoles françaises. Si Toulouse et Montpellier ne partagent pas leur dynamique d'emploi avec les territoires environnants, c'est l'inverse qui se produit à Bordeaux, comme à Nantes ou à Rennes. À bien y regarder, il est grand temps de dépasser le cadre d'un discours dichotomique, simpliste et stérile, qui voudrait opposer la métropole au reste du département.
La métropole bordelaise, sous l'égide de son président, travaille en collaboration avec l'ensemble des territoires du Sud-Ouest, dans l'optique de renforcer les liens interterritoriaux. L'opération Cali avec Libourne, le travail mené en partenariat avec Marmande, Bazas, La Rochelle, Angoulême… en sont des exemples très concrets. Alain Juppé, pour aller encore plus loin, a obtenu l'accord de principe des présidents de la région et du département, pour créer les assises du territoire, ouvrant ainsi la voie à une réflexion conjointe sur la solidarité des territoires.
Encourager le dialogue et la participation de tous. À Bordeaux, l'esprit bordelais, synonyme de modération et de dialogue est plus que jamais d'actualité. Le budget participatif, lancé le 17 janvier dernier, offre à chacun la possibilité de participer, et d'améliorer la vie de la cité grâce à des projets d'avenir, tandis que BM 2050 interroge sur la ville que nous souhaitons habiter dans trente ans.
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