Bordeaux sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle
Saviez-vous que Bordeaux est une étape importante du célèbre pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle ? De ce fait, trois grandes églises de la ville sont inscrites sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco : la basilique Saint-Seurin, la cathédrale Saint-André et la basilique Saint-Michel. Dans les rues, des clous en forme de coquille et des plaques jacquaires (portant le symbole de la coquille Saint-Jacques) aident encore aujourd’hui à suivre les traces des pèlerins.
Mis à jour le 26 septembre 2025
L'essentiel
- Bordeaux est une étape clé sur les chemins français vers Saint-Jacques de Compostelle.
- La basilique Saint-Seurin, la cathédrale Saint-André et la basilique Saint-Michel sont inscrites sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1998 au titre des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France
Un pèlerinage majeur au Moyen-Âge
Depuis la découverte du tombeau de l'apôtre saint Jacques à Compostelle au IXe siècle et jusqu’au XVIIIe siècle, des milliers de pèlerins chrétiens venus de toute l’Europe font route vers l’Espagne, à pied, à cheval ou en bateau. La coquille « Saint-Jacques », ramassée sur les rivages de la Galice au nord-ouest de la péninsule ibérique, devient, avec le bâton, leur symbole.
L’importance de ce pèlerinage dans l’histoire de l’Europe égale alors celle des pérégrinations vers Rome ou Jérusalem. Exercice spirituel et manifestation de la foi, le pèlerinage a aussi joué un rôle décisif dans la naissance et la circulation des idées et des arts dans toute l’Europe. Après un déclin au XIXe siècle, le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle connaît un renouveau avec des motivations parfois moins religieuses.
Pour cheminer à travers la France vers Compostelle, le Guide du Pèlerin, tiré du Codex Calixtinus, rédigé au XIIe siècle – peut-être par Aimery Picaud, moine de Parthenay-le-Vieux – identifie quatre principaux chemins dits d’Arles, du Puy, de Vézelay et de Tours. Ces quatre voies résument symboliquement les itinéraires innombrables qu’empruntent les pèlerins, selon leur point de départ et les étapes choisies.
Églises de pèlerinage ou simples sanctuaires, hôpitaux, ponts, croix de chemin jalonnent ces parcours et témoignent des aspects spirituels et matériels du pèlerinage.
L'inscription sur la Liste du patrimoine mondial
En 1993, les Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne sont inscrits par l’Unesco sur la Liste du patrimoine mondial. En 1998, c’est au tour des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France. La partie française fait son entrée sous la forme d'une collection de 78 éléments (71 édifices et 7 sections de sentier couvrant près de 160km), situés dans 95 communes et 32 départements. En Nouvelle-Aquitaine, carrefour naturel des routes menant à Compostelle, 26 édifices et une section de sentiers font partie de ce bien "en série".
"En série", cela signifie que chaque élément possède des qualités qui contribuent à la valeur universelle exceptionnelle de l'ensemble. Chacun illustre un aspect des conditions matérielles et spirituelles de la pratique du pèlerinage conduisant les jacquets, l’un des surnoms des pèlerins de Saint-Jacques, vers les Pyrénées et de là vers le tombeau de saint Jacques le Majeur. Cette inscription française au patrimoine mondial complète et prolonge l'inscription des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en Espagne.
L'étape bordelaise
Située sur la voie terrestre dite « de Tours (Ouvrir dans une nouvelle fenêtre) », Bordeaux était également le port d’arrivée des pèlerins venant notamment d’Angleterre et des régions côtières de Bretagne et de Normandie.
La basilique Saint-Seurin, la cathédrale Saint-André et la basilique Saint-Michel font partie des 71 édifices inscrits par l’Unesco. Ces trois sites sont emblématiques de différentes époques de l’histoire du voyage vers Compostelle.
- La basilique Saint-Seurin sert de lieu de culte depuis le Ve siècle, établi en lien avec une nécropole. Réputée dès l’époque romane pour ses reliques, elle est une étape mentionnée au XIIe siècle dans le Codex Calixtinus (guide du pèlerin) en tant que principal édifice fréquenté par les jacquets.
- La cathédrale Saint-André conforte son statut jacquaire à partir du XIIe siècle. Elle s’affirme alors comme la seconde halte bordelaise pour les pèlerins.
- La basilique Saint-Michel matérialise un tournant du pèlerinage à partir du XVIIe siècle. Malgré des reliques jacquaires moins importantes, elle entretient un lien vivant avec le pèlerinage. Sa chapelle Saint-Jacques est le siège de la confrérie du même nom et accueille une célébration lors de la fête du saint patron. Elle abrite aussi une statue du saint patron de la fin du XVe siècle (aujourd'hui en dépôt au musée d’Aquitaine).
Au-delà de ces trois sites inscrits, le musée d’Aquitaine (Ouvrir dans une nouvelle fenêtre) ou la Porte Cailhau sont d’autres lieux incontournables à Bordeaux pour découvrir le patrimoine jacquaire et le Moyen Âge.