Lutte contre le racisme et l'antisémitisme

#stopracisme
Mis à jour le 21 mars 2023


Engagée depuis de nombreuses années dans la lutte contre toutes les discriminations, la Ville de Bordeaux s'est notamment investie de façon marquée dans la lutte contre les discriminations ethno-raciales. Cet investissement a été possible via des évènements annuels (Quinzaine de l'Egalité et de la diversité), l'adhésion à des réseaux internationaux (ECCAR : Coalition européenne de villes contre le racisme), la création de partenariats (UNESCO) ou encore la mise en place d'une politique mémorielle créant une passerelle entre les maux du passé et leur résonnance dans le présent.
Face à la montée d'actes émanant de groupuscules racistes et xénophobes dans différents quartiers de la ville dont ont été victimes plusieurs associations locales, l'engagement de la ville se doit d'être conforté.

#Stopracisme, Bordeaux renforce son engagement dans la lutte contre le racisme

A l'occasion de la journée du 21 mars 2023, la Ville de Bordeaux lance une campagne de communication sur l'ensemble de ses réseaux sociaux ayant pour objet de dénoncer les discriminations ethno raciales dont font l'objet de nombreuses personnes dans l'accès au logement, à l'emploi. #Stopracisme sera le fil rouge de cette campagne et officialisera le lancement de multiples actions tout au long de l'année visant à mieux dénoncer et lutter contre le racisme, afin de toujours mieux accompagner les victimes.

Travail partenarial

La ville de Bordeaux a mis en place en 2018 une commission de lutte contre le racisme et l'antisémitisme composée d'associations, universitaires et partenaires institutionnels. Cette commission a été fusionnée en 2020 avec la commission "Mémoire".

Afin de poursuivre et amplifier les projets initiés, des groupes de travail ont été mis en place en 2020 afin de doter la Ville d'une feuille de route en matière de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Ces actions s'intègreront dans un plan plus ambitieux encore de lutte contre toutes les formes de discriminations.

Le travail avec les partenaires associatifs et institutionnels a permis de dégager plusieurs pistes d'actions :
  • Plaques de rue : poursuite du travail de pose de plaques biographiques de personnalités en lien avec l'esclavage et la traite négrière (5 plaques ont été posées en 2020 : memoire-esclavage-bordeaux.fr
  • Immigration : projet de parcours mémoriels autour des immigrations en lien avec le fleuve
  • Déployer de nouveaux espaces d'histoire et de mémoire à Bordeaux pour mieux saisir le passé et les phénomènes racistes et antisémites qui en ont découlé.

Les actions

Nous, différents ?
Nous, différents ?

Face aux phénomènes de haine et de rejet, sensibiliser le grand public est un enjeu majeur. Dans le cadre d'un partenariat avec l'UNESCO, une campagne d'affichage a été créée et diffusée lors de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, le 21 mars 2019. Ce type d'action est appelé à se renouveler dans le cadre de la stratégie 2021-2026 de lutte contre les discriminations.
Mémoire de la SHOAH - Stolpersteine
Mémoire de la Shoah - Stolpersteine

Des pavés de béton recouverts d'une plaque de laiton gravée honorent la mémoire des victimes du nazisme.
En 2017, à partir d'un projet lancé par l'Université Bordeaux-Montaigne, huit "pavé de la mémoire", dit Stolpersteine (pierre d'achoppement) ont été posés à Bordeaux devant les derniers lieux de vie de victimes du nazisme.
Le travail de mémoire se poursuit. Sept nouveaux pavés posés fin 2022, lancent une dynamique mémorielle portée par la Ville autour de la Shoah en mémoire des victimes juives et résistantes. A minima, ce sont 295 familles dont 85 enfants qui ont été déportés de Bordeaux vers les camps de concentration et d'extermination.
Bordeaux, avec la ville de Bègles, sont les premières grandes villes de France à s'être engagées dans ce projet à la mémoire de victimes juives et résistantes.

Créées par l'artiste berlinois Gunter Demnig en 1993, chaque pierre rappelle la mémoire d'une personne déportée dans un camp de concentration ou d'extermination en raison de son identité ethnique, son appartenance religieuse ou son orientation sexuelle. Les pavés sont incrustés dans le sol devant le dernier domicile connu des victimes identifiées. Les premiers Stolpersteine ont été posés en 1995 en Allemagne. Depuis, ce sont plus de 98 000 pierres qui l'ont été dans toute l'Europe.

A Bordeaux, vous pouvez retrouver les Stolpersteine :
  • Sur le parvis des Droits de l'Homme, face au Tribunal de Grande Instance de Bordeaux, en mémoire de trois résistants autrichiens : Alfred Loner, Alfred G. Ochshorn, et Fritz Weiss, arrêtés et déportés en 1943 depuis Bordeaux (Posés en 2017).
  • 4 place Saint Pierre, en mémoire de la famille Baumgart, Abraham, Bernard, Chana, Roland et Léon Henri, déportés et assassinés à Auschwitz en 1942 (Posés en 2017).
  • 199 rue Achard, en mémoire du Docteur Sabatino Schinazi surnommé le "médecin des pauvres", communiste juif, exclu de l'ordre des médecins, déporté à Auschwitz puis à Dachau où il décèdera, personnalité évoquée lors du procès Papon (Posé le 29 septembre 2022).
  • 5 rue Louis Mie, en mémoire de Berthe et André Murrate arrêtés lors de la dernière rafle ayant eu lieu à Bordeaux le 10 janvier 1944. Parqués dans la synagogue de Bordeaux et déportés à Drancy puis à Auschwitz. Berthe a miraculeusement survécu à Auschwitz. Elle témoignera aux assises de la Gironde en 1998 lors du procès Papon (Posés le 20 octobre 2022).
  • 13 impasse Forestier, en mémoire de Ginette et Marcelle Borruel.
    Ginette a 8 ans lorsqu'elle est raflée avec sa soeur Marcelle agée de 15 ans le 10 juillet 1944. Internées dans la synagogue de Bordeaux, déportées vers Drancy puis Auschwitz (Posés le 20 octobre 2022).
  • 48 rue Ausone, en mémoire de Martin et Berthe Katz. 
    Le nom de Martin Katz apparaît sur un des documents signés par Maurice Papon alors Secrétaire Général de la préfecture de la Gironde. C'est en partie grâce à ce document, preuve de la responsabilité de Papon dans l'arrestation et la déportation vers le camp de Drancy de Juifs de Bordeaux, et publié en 1981 par Le canard Enchaîné, que la procédure d'inculpation de ce dernier est lancée permettant l'ouverture de son procès en 1998. Le lendemain de son arrestation, Martin Katz est déporté à Drancy d'où il sera dès le surlendemain déporté à Sobibor où il décèdera. Son épouse, Berthe Katz, est arrêtée en juillet 1942. Déportée vers Drancy puis Auschwitz, elle y décèdera (Posés le 22 novembre 2022).
  • 60 rue de la Rousselle, en mémoire de Nadia et Aaron Cyrulnik.
    Nadia et Aaron, arrêtés le 15 juillet 1942, sont morts en déportation. Nadia Cyrulnik a été déportée le 19 juillet 1942, du Camp de Drancy vers Auschwitz. Aaron Cyrulnik a été déporté le 7 décembre 1943, du Camp de Drancy vers Auschwitz (Posés le 10 janvier 2024, en présence de leur fils Boris Cyrulnik, à l'occasion de la journée de commémoration des 80 ans de la rafle de Bordeaux du 10 janvier 1944).