Reportage Au Conseil municipal des enfants, le plein d’idées pour changer la ville
Mis à jour le 27 janvier 2026
Le 10 décembre 2025, les 64 membres du Conseil municipal des enfants de Bordeaux ont présenté leurs projets au maire et à son adjointe. Animaux, solidarité, environnement, cantine : pendant 1h30, ces jeunes élus ont fait vivre la démocratie locale, à hauteur d’enfant.
Alice avait « envie d’aider les gens ». Louis voulait « s’engager pour sa ville » et Sam estime que « c’est une bonne activité du mercredi après-midi » ! Tous les trois ont 9 ans, sont en CM1 à Bordeaux et ont rejoint en septembre 2025 le Conseil municipal des enfants (CME).
Le mercredi 10 décembre, Alice, Louis et Sam ont enfilé, pour la première fois, leur écharpe de conseiller municipal, comme 29 autres élèves de CM1, guidés par 32 enfants de CM2 rompus à l’exercice depuis un an. Assis dans les fauteuils du conseil municipal, leurs pieds ne touchent pas encore le sol.
Une assemblée exemplaire
Face à eux, le maire et Sylvie Schmitt, adjointe au maire chargée de l’éducation, de l’enfance et de la jeunesse. Pendant 1h30, les 64 membres du CME ont pu raconter le travail qu’ils mènent au sein des quatre commissions : Ensemble, unis pour la solidarité ; Animaux ; Environnement ; Cantine et alimentation.
Imaginez si on nous mettait à la porte à l’âge de deux ans »
Alice fait partie de la commission Animaux. Un choix évident pour elle. « J’aime bien les animaux et je trouve ça triste qu’on les abandonne, explique-t-elle simplement. Imaginez si on nous mettait à la porte à l’âge de deux ans et qu’on passait notre vie dehors. »
La visite à la SPA de Bordeaux l’a profondément marquée et lui a donné envie d’agir. Avec sa commission, elle travaille aujourd’hui sur un projet de collecte de dons dans les écoles pour aider les refuges. « Ça reflète notre volonté de sensibiliser la population à la protection des animaux », résume Sacha, rapporteur de la commission, devant une assistance particulièrement attentive.
64
C'est le nombre d'enfants élus au conseil municipal à Bordeaux. Les candidats sont volontaires et tirés au sort. Ils sont élus pour deux ans. 32 filles et 32 garçons composent l'assemblée.
« C’est agréable à voir », sourit une animatrice qui encadre le groupe. « Quand ils se présentent pour devenir conseillers municipaux, ces enfants ont envie de monter des projets. Alors ils sont investis et à l’écoute. »
Des projets variés
Une fois par mois, les 64 conseillers se retrouvent par commission pour faire avancer leurs idées. Le groupe Cantine et alimentation réfléchit entre autres à des façons d’instaurer une meilleure ambiance pendant le temps du midi. La commission Ensemble, unis pour la solidarité travaille à lutter contre l’isolement des seniors. Le groupe Environnement, lui, prévoit de rencontrer la maison écocitoyenne pour imaginer des actions concrètes « en faveur d’un environnement sain ».
« Et pour vous, c’est quoi un environnement sain ? », demande Sylvie Schmitt. Pas de doute, ce jour-là, la salle du conseil accueille bien une assemblée d’élèves, à en juger par les doigts qui se lèvent en silence.
En vrac : « un endroit sans déchets », « plus d’arbres », « moins de pollution », « des murs végétalisés », « des bus gratuits pour éviter de prendre la voiture ». Le groupe a encore quelques mois pour transformer ces idées en un projet réalisable, contrainte essentielle du CME.
Questions libres
La séance s’achève par le temps, très attendu, des questions libres à Pierre Hurmic et Sylvie Schmitt. Les mains se lèvent, encore.
- Pourquoi avoir voulu être maire ? « Parce que j’aime cette ville ! »
- Êtes-vous obligé de venir tous les jours ? « Obligé non, mais je viens tous les jours. »
- Êtes-vous fier d’être maire ? « Oui, évidemment ! »
- Quels sont vos privilèges ? « Question bonne… mais embarrassante ! » répond Pierre Hurmic, évoquant un chauffeur pour les déplacements lointains et une petite R5 électrique, avant de préciser : « Je préfère me déplacer à vélo. »
Le ping-pong verbal se conclut par une séance de dédicaces sur les écharpes tricolores. Sam a obtenu la sienne. En rangeant ses affaires, il sourit : « Je suis très heureux d’avoir rencontré le maire. Mais je l’avais déjà vu en photo sur Internet, alors ça ne m’a pas impressionné. »