Éducation artistique et culturelle Du cirque à l’école Billie Holiday (Bastide)

Photo d'une salle ou des enfants font du cirque
Il y a plus de 20 ans, le festival « Queyries fait son cirque » a affirmé son ancrage sur la rive droite, dans le quartier de Bastide Queyries. © Charlotte Saric

Série "EAC" (Épisode 3) :  La Smart Cie à l'école BIllie Holiday
Lauréate du label 100% EAC « Education artistique et culturelle » remis par le Ministère de la Culture et le Ministère de l'Education nationale, la Ville de Bordeaux déploie de nombreuses actions dans ce cadre pour sensibiliser l’ensemble des publics. Un levier d’éveil et d’émancipation pour les Bordelaises et les Bordelais.

Pendant deux ans, la Smart Cie mène un projet EAC au sein de l’école du quartier Queyries. Guidée par trois piliers : faire, rencontrer et s’approprier, la compagnie invite les élèves à découvrir les pratiques circassiennes et à appréhender l’art du cirque.

En ce vendredi 6 mars, nul clown blanc dans les effectifs des classes de CM1-CM2, uniquement des sourires qui montent jusqu’aux oreilles et de la lumière dans les yeux de ces élèves. Eux qui deviennent d’heureux clowns augustes pendant un peu plus d’une heure. 

Pour ce premier atelier de l’année 2025-2026, le Centre d’Animation Queyries est substitué par la cour de récréation comme terrain de jeux et d’expression.  

Dans le cadre du programme « Grandir & s’épanouir » de la Ville de Bordeaux, 18 mois d’ateliers ont été menés avec le Relais Petite Enfance de la Bastide. © Charlotte Saric

Rencontres  

Avant cela, la compagnie Smart Cie, qui officie à Bordeaux depuis 30 ans, s'est emparée de l’école en décembre et de son public de « petites personnes » en réalisant des « impromptus », soit des performances presque sauvages à la cantine et dans les classes. Smart Cie est marraine EAC de l'établissement pour deux ans, jusqu'en juin 2027. Aujourd’hui, les jeunes élèves sont ravis d’être à leur tour les artistes : « C’est carrément mieux que d’être en classe », affirme en souriant James, élève de CM1. 

Au-delà de l’engagement physique que demandent le rouleau américain, le fil de fer, les tissus ou encore le trapèze, ce qui est formidable, c’est le regard que portent les enfants sur eux-mêmes et sur leurs camarades qui évolue. Chaque atelier se fait ainsi en binôme : l’un pratique pendant que l’autre assure la sécurité. 

Cette organisation crée une vraie cohésion entre les jeunes participants. La confiance que l’on donne et celle que l’on reçoit renforcent une forte synergie au sein des duos. Comme le souligne Pascale Lejeune, directrice artistique de la Smart compagnie : « On encourage avec le regard. » 

Les arts du cirque sont au cœur du projet du Centre d’animation Bastide Queyries, et nouent avec le quartier et ses habitants des liens forts © Charlotte Saric

Sur un trapèze  

La salle cirque du centre d’animation existe depuis 1996. On y trouve de nombreux agrès (roulette et boules en plus de ceux sus-cités), mais avec le cirque, le premier instrument est bien évidemment le corps lui-même. 

Pascale Lejeune, travaille différemment lorsqu’elle se rend en classe : elle utilise davantage le jonglage et surtout les portés et constate avec joie que sur cette pratique les enfants sont dans une absolue créativité plutôt que dans la performance : « Tous, à leur niveaux, quelque soit l’aptitude physique trouvent leur place ». 

J’ai peur mais j’y vais !"

Tout au long de cette matinée découverte, c’est le trapèze qui rencontre le succès le plus franc. Chacun des élèves aurait sans doute aimé y passer un peu plus des quinze minutes prévues. 

On remarque que les élèves ont, pour la plupart, une appétence plus forte pour les outils qu’ils parviennent davantage à maitriser. Ils sont fiers lorsqu’ils dépassent leur appréhension, leur petite peur face au vertige ou à l’équilibre. Alors qu’elle monte sur le fil de fer, Emmanuella confie : « J’ai peur mais j’y vais. » Le sourire qu’elle arbore à la fin de sa traversée est donc inestimable.  

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