Vie artistique La Maison Demons, un lieu de vie pour les associations, auteurs et dessinateurs
Mis à jour le 28 janvier 2026
À l’occasion de la Fête interconnectée de la bande dessinée (29-31 janvier 2026), et alors que se tient le "Grand Off" à Angoulême, la Maison Demons ouvre ses portes ce vendredi 30 janvier. Cette propriété de la Ville de Bordeaux est aujourd’hui le siège de trois associations culturelles et patrimoniales, mais aussi un espace de travail fertile pour des auteurs et autrices.
En 1921, Lilia Demons, la veuve du défunt docteur Demons, prend la décision de léguer à la Ville de Bordeaux leur maison du quartier du Jardin public. Elle souhaite que cette dernière devienne un lieu dédié à la médecine et la culture. Pendant huit décennies, le bâtiment accueillera le Conseil de l’ordre des médecins.
Au terme de cette période, la Maison Demons devient un lieu dédié à la culture, avec la mise en place de résidences pour les auteurs et autrices de bande dessinée. Depuis 2022, trois associations gèrent le lieu :
- L’association patrimoniale Pétronille
- Les Escales du Livre
- Le Festival Gribouillis
Chacune d’elles propose des projets artistiques et culturels autour de la Maison, à l'image des portes ouvertes du vendredi 30 janvier, à l'occasion des fêtes interconnectées de la BD. Côté résidences d’auteurs, des sélections sont réalisées pour une durée de deux ans (quatre ans maximum), à la suite d’un appel à candidature.
Dans ce décor du Second Empire, les auteurs, traducteurs et illustrateurs ont à leur disposition des ateliers de création avec du matériel de qualité. »
Un espace pour créer
Ce nouveau système s’est établi en 2022 avec l’arrivée du festival Gribouillis dans ses nouveaux locaux. Cependant, la Maison Demons ne propose pas vraiment des résidences artistiques proprement dites, elle met en condition les créatifs pour rendre leur séjour fertile.
Dans ce décor du Second Empire, les auteurs, traducteurs et illustrateurs ont surtout à leurs dispositions des ateliers de créations avec du matériel de qualité. Les associations, ainsi que la Ville, mettent tout en place pour que les tarifs de ce nouveau genre de “coworking” soient également les plus bas possible.
Depuis janvier 2026, cinq ateliers sont accessibles aux 13 artistes sélectionnés. »
Les trois associations ainsi que la Ville participent à la sélection des résidents. Cette diversité de points de vue sur les projets portés par les candidats permet d’obtenir des promotions d’artistes hétéroclites, sans véritable critère arrêté. Les auteurs peuvent être débutants, n’avoir produit qu’une seule publication, ou être illustrateurs depuis 20 ans.
Début 2026, la deuxième promotion d’auteurs et d’illustrateurs a posé ses valises et crayons dans le bâtiment, tout comme d’anciens pensionnaires qui ont pu renouveler un dossier.
Au début du projet, la Maison pouvait accueillir dix auteurs et disposer de trois ateliers. Depuis janvier 2026, cinq ateliers sont accessibles aux 13 artistes sélectionnés. Parmi eux, des dessinateurs de BD, des illustrateurs, des écrivains, scénaristes, traducteurs...
La parole aux artistes
Violette Pasques et Mathieu Lauverjat, respectivement autrice/illustratrice d’album pour enfant et écrivain, sont tous deux résidents de la bâtisse du 19e siècle.
Ça m’a permis d’aider à considérer mon métier. »
La première vient de débarquer dans les ateliers de la Maison. Après avoir passé deux ans à travailler chez elle, Violette cherchait un endroit pour dissocier son lieu de vie et son lieu de travail : “ Ça m’a permis d’aider à considérer mon métier. Quand on écrit et dessine un livre, c’est une activité très solitaire, ici j’ai du contact social et l’ambiance entre nous est super bonne”.
Être ici c’est vraiment un cercle vertueux et inspirant. »
De même pour Mathieu, lui a travaillé dans le monde de l’édition avant un licenciement économique. Il souhaitait ne pas se retrouver isolé et voulait travailler sur son deuxième livre en tant qu’auteur. “ Je suis arrivé avec la première promotion en janvier 2024. Je n’avais publié qu’un seul livre. Être ici, c’est vraiment un cercle vertueux et inspirant. Le contact avec les autres (scénaristes, traducteurs, dessinateurs) me permet de voir d’autres techniques et méthodes de travail et de les utiliser à mon tour.”
Un pour tous, tous pour un
En plus des liens entre auteurs et dessinateurs, les associations établissent aussi des relations fortes avec les artistes. Que ce soit le festival Gribouillis, Les Escales du Livre ou encore Pétronille, chaque structure apporte un plus aux résidents.
Un soutien qui peut se concrétiser par un accompagnement dans des démarches, une proposition d’animation d’atelier ou encore des échanges constructifs au quotidien. Les associations voient la Maison Demons comme un projet participatif, en évolution constante. Par exemple, l’illustratrice Magda Meziane a réalisé une exposition pour le festival Gribouillis, à la suite de sa résidence. De même, lors des portes ouvertes de la Maison fin juin, des ateliers et conférences sont organisés avec l’appui des auteurs et des associations.
Pour reprendre les mots des deux artistes interrogés, le lieu est « vivant, organique et collectif ». Cette cohabitation entre différentes personnes et organisations entraîne une “émulation collective” d’après Mathieu Lauverjat. “C’est aussi une source de motivation de venir travailler ici” nous partage Violette. Après avoir appartenu à un chirurgien, la Maison Demons semble reprendre vie d’une nouvelle manière.
Les Fêtes interconnectées de la BD
Nées de l’initiative du collectif Girlxcott, les Fêtes interconnectées de la BD sont des événements locaux qui prennent place dans différentes villes de France et d’Europe fin janvier. Chaque ville célèbre la bande dessinée à sa manière avec des rencontres, expositions, table ronde... Les organisateurs sont libres d’organiser ceux qu’ils souhaitent, de manière autonome et inclusive.
A Bordeaux, plusieurs expositions et ateliers seront organisés du jeudi 29 au samedi 31 janvier.
La Maison Demons organise des visites gratuites de ses ateliers le vendredi de 10h à 17h, sans inscription.