Le mag Bordeaux L’Alternative Urbaine, parcours urbains et trajectoires de vie

Photo de personnes traversant une rue
Balade dans les quartiers de La Bastide et de La Benauge le 23 mai 2026. © P. Planchenault

L’Alternative Urbaine propose des balades dans les quartiers populaires, conçues et animées par des personnes éloignées de l’emploi. Une manière de changer de regard sur la ville… et sur soi.

Un article extrait du magazine municipal "Le mag Bordeaux" n°508

Le saviez-vous ? À La Bastide, pile à l’emplacement de l’actuelle Cité Pinçon et de son parc, paissaient autrefois des vaches. Elles alimentaient la Laiterie de La Benauge qui, dans les années 50, donnerait naissance à la marque Cacolac. Celle qui nous raconte cette histoire n’est ni originaire du quartier, ni même de la région : Svitlana Rybalka est Ukrainienne, réfugiée depuis quatre ans à Bordeaux avec sa fille. Depuis le mois de février, elle est en contrat avec l’association l’Alternative Urbaine qui propose des balades culturelles dans les quartiers populaires de la ville.

 En arrivant en France, je pensais que c’était seulement pour quelques semaines, puis pour quelques mois, puis…  Puis Svitlana a compris que le retour au pays prendrait du temps.  Pendant trois ans, j’ai travaillé à distance sur des missions de ressources humaines pour des entreprises ukrainiennes. L’an dernier, j’ai réalisé que je vivais ici sans m’être adaptée. J’ai alors commencé des démarches d’intégration et d’apprentissage de la langue. C’est mon point faible, j’ai toujours peur de mal comprendre. 

Svitlana Rybalka, éclaireuse urbaine. © P. Planchenault

Deux missions complémentaires

 Svitlana fait partie d’un profil de personnes réfugiées très diplômées, dont les compétences sont transférables mais pas reconnues ou valorisées en France , explique Denis Blanc, chargé de développement de l’association.  Nos éclaireurs urbains ont des parcours très variés, mais avec pour point commun un éloignement de l’emploi. Ils peuvent être bénéficiaires du RSA, en situation de handicap - visible ou invisible -, chômeurs de longue durée ou habitants de quartiers prioritaires, jeunes comme plus âgés. 

Mettre en lumière des patrimoines méconnus."

Denis Blanc, chargé de développement de l’association

Créée en 2016, l’association repose sur deux missions complémentaires. D’une part  mettre en lumière des patrimoines méconnus  dans les quartiers populaires de la métropole, à travers des balades urbaines conçues comme des récits sensibles du territoire. D’autre part proposer un tremplin vers l’emploi à celles et ceux qui les animent.

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C’est le nombre d’éclaireurs urbains formés par l’association. En dix ans, ils ont fait découvrir la ville à plus de 10 000 promeneurs.
 

Sur une dizaine de mois, le parcours de d’insertion mêle formation, animation de balades et accompagnement socio-professionnel en lien notamment avec la (re)définition d’un parcours professionnel. Il est déployé avec l’appui de structures partenaires et l’engagement d’une cinquantaine de bénévoles. Pour Svitlana, comme pour les autres, l’enjeu dépasse l’acquisition de connaissances sur un quartier.  Ce que les éclaireurs viennent chercher, c’est de la confiance en eux, la capacité à prendre la parole, à se sentir légitimes dans un groupe. Des compétences essentielles pour la suite. 

Un autre regard sur la ville

L’Alternative urbaine propose 9 balades dans les quartiers populaires de Bordeaux (Grand-Parc, Bacalan, Benauge et Capucins) et plusieurs communes de la métropole. Elles permettent de découvrir des quartiers peu fréquentés par les visiteurs, des lieux insolites chargés d’histoire et un patrimoine souvent oublié. Conçues par les éclaireurs eux-mêmes, elles reflètent leur sensibilité et leur vécu. Des balades privatives ou sur mesure sont également proposées. 

Informations et réservations sur bordeaux.alternative-urbaine.com (Ouvrir dans une nouvelle fenêtre)