Événement Le Tour de France à Bordeaux : ambiance de fête sur le bord de la route
Mis à jour le 20 juillet 2026
La plus grande course cycliste du monde était à Bordeaux ce vendredi 10 juillet 2026. Un véritable village itinérant a posé ses valises sur les bords de la Garonne durant toute une journée. Entre des fans de cyclisme nombreux, des curieux biberonnés au Tour et des suiveurs professionnels, la fête, belle et populaire, a été suivie par des milliers de personnes. Reportage.
Il est 6 heures du matin, dans une chaleur déjà palpable, quand les premiers camions du Tour de France débarquent sur la place des Quinconces. Les poids lourds des médias venus du monde entier pointent très vite leurs antennes vers le ciel girondin. 12 heures plus tard, le peloton coupera la ligne d’arrivée devant les colonnes rostrales, à quelques mètres de là.
Polo noir et talkie walkie à la main de rigueur, un agent de sécurité se présente avant de raconter ce quotidien bien réglé qui permet de coordonner quotidiennement ce ballet méthodique durant trois semaines, tout au long des 3 300 km du parcours du Tour : Je m'appelle Mohammed. Mais mon nom de code sur le Tour, c’est M1. Cela fait dix ans que je fais le Tour. J’ai découvert la France comme ça.
Une itinérance bien rodée
En milieu de matinée, une partie des Quinconces est désormais noyée de câbles. 500 médias différents sont présents sur toute la course et 1 800 journalistes en itinérance, venus de tous les continents.
Tout près de la dernière centaine de mètres du parcours, ce sont les camions de l’organisateur ASO qui se sont placés, tout de jaune vêtus. Ces véhicules protocolaires qui abritent le podium, le coin des coureurs lauréats et les invités VIP sont déployés en double sur le tracé du Tour. Après chaque étape, ceux-ci sont envoyés à l’arrivée de l’étape du surlendemain, faute de temps pour être déplacé de jour en jour. Ces véhicules rejoindront Malemort (Corrèze) dès la fin de journée sur la fin de la 9e étape.
Cela fait dix ans que je fais le Tour. J’ai découvert la France comme ça."
Un fan park bondé
Dès la veille, le fan park abritant de nombreuses animations et ateliers autour du vélo a ouvert sur une autre partie des Quinconces. Cet espace ludique a permis à de nombreuses familles et passionnés de vélo de profiter du Tour sur la durée. Entre sensibilisation à la pratique du vélo, moments de fraîcheur et photobooth, la foule nombreuse et bariolée aux couleurs des partenaires du Tour a affiché sa bonne humeur.
À quelques dizaines de mètres de là, les journalistes s'installent dans le Palais de la Bourse en début d'après-midi pour suivre l’étape, partie d’Hagetmau (Landes) à 13h15. Un final entre sprinteurs est aisément anticipable. Et chacun peut travailler ses articles, ses images et ses sons sans craindre qu'un scénario inattendu de fin de course ne fasse dérailler ses plans.
Du Mexique à la Norvège
Fendre la foule du public du Tour, c’est constamment rechercher la provenance des nombreux accents entendus. Au cœur du fan park, équipée d’un grand drapeau mexicain, Cécila est tout sourire : « Je suis une amoureuse du Tour de France ! »
Sur le Tour, tout le monde a le sourire, cela rapproche les gens."
Après avoir épousé un Français et s’être établie à Saint-Émilion, elle vient supporter un coureur mexicain, Isaac Del Toro, mais surtout profiter d’une ambiance incomparable. Chaque année, sa petite famille fait le déplacement sur une étape : Sur le Tour, tout le monde a le sourire, cela rapproche les gens.
Les coureurs approchent
La tension monte une petite heure avant l’arrivée du peloton. La caravane a fait son office, distribuant de très nombreux cadeaux aux spectateurs : textiles, gadgets, mais aussi des fruits… De quoi se rafraîchir alors qu’un ciel lourd se pose au-dessus des quais bordelais. Tout le long des dernières centaines de mètres du parcours, la Ville a d’ailleurs bien réparti points d’eau, brumisateurs et toilettes pour permettre à chacun de profiter confortablement et en sécurité de son après-midi.
Près de la ligne, une famille de Norvégiens a du mal à masquer son excitation : Nous accompagnons mon fils, qui est journaliste pour une chaîne de télévision : TV2.
, explique Jan. Toute la famille découvre Bordeaux, admirative. Couverts de maillots rouges, ils ne manquent pas de rappeler que leur équipe de football reste en lice en Coupe du monde.
Un final en trombe
17h. Le bruit sourd de l'hélicoptère de France Télévisions annonce l'arrivée des coureurs. Les motos de la Police nationale et les voitures de l'organisation se font plus nombreuses sur le tracé. Sous les cris de la foule, le peloton surgit soudain sur les quais depuis le pont Simone Veil pour les deux derniers kilomètres. Au bord de la route, plus personne ne quitte les écrans jusqu'à l'approche des coureurs, lancés à 60 km/h. La bataille fait rage pour la gain de l'étape. L'excitation est contagieuse.
Il est 17h10 quand le Belge Tim Merlier lève les bras, en vainqueur de cette 7e étape. La montée d'adrénaline populaire profite aux coureurs suivants, finissant leur étape en roue libre derrière les leaders. Au bord de la route, les journalistes étrangers se saisissent de leur micro. Dans quelques instants, ils seront en direct en duplex sur leur télévision nationale : NBC (Etats-Unis), RTVE (Espagne), Rai (Italie)...
La voiture balai raccompagne le dernier coureur. Après 175 km d'efforts pour le peloton et quelques heures de soleil pour le public, place au podium et à la récupération. Pour tous.