Le mag Bordeaux Les bénévoles associatifs témoignent

Portrait de Maïté Marquié souriante
Maïté Marquié, une figure emblématique de la vie associative à Bordeaux. © A-S.Anesse

Infatigable militante de la cause associative, Maïté Marquié préside le Réseau Régional des Maisons des Associations. En quarante ans, elle a accompagné et soutenu des milliers de structures. Rencontre. 

Un article extrait du magazine municipal "le mag Bordeaux" n°505 (décembre 2025/janvier 2026)

Interview de Maïté Marquié

À quand remonte votre engagement dans le secteur associatif ?

Il a commencé dès l'enfance, en suivant mes parents dans des actions de bénévolat, et je suis entrée dans l’accompagnement de la vie associative en 1986. J’ai débuté seule, à mi-temps, au sein du Centre de Liaison et d’Information des Associations, avant de diriger une équipe salariée. J’intervenais sur des questions comptables, juridiques, de financement, devisibilité... Même en étant rémunérée, mon activité a toujours eu une dimension militante, samedis et dimanches compris !

Tous les ans, j'annonce que je vais arrêter. Plus personne n'y croit ! "

Même à la retraite, vous poursuivez...

Tous les ans, j'annonce que je vais arrêter. Plus personne n'y croit ! Mais je souhaite transmettre l'expérience acquise pendant toutes ces années.

Comment décririez-vous le tissu associatif bordelais ?

Il est très dynamique, avec pour spécificité une jeunesse qui s’engage beaucoup. C’était vrai hier, ça l’est encore aujourd’hui.

Cela va pourtant à l’encontre d’une idée reçue…

Les formes d’engagement ont évolué : elles sont parfois moins traditionnelles, moins inscrites dans la durée, et peuvent s’appuyer sur des modes de gouvernance plus horizontaux. Beaucoup de jeunes choisissent également de créer leurpropre structure, estimant ne pas trouver leur place dans les associations existantes. C’est un phénomène que l’on observe aussi chez les femmes.

Les femmes créent davantage d’associations ?

Plus facilement, oui. C’est, entre autres, une façon d’éviter de se confronter à des modes de gouvernance trop masculins et fermés. On retrouve les mêmes tendances dans le monde associatif que dans celui de l’entreprise.

Pourquoi la vie associative vous est-elle si chère ?

Parce que c’est un espace de liberté. La loi de 1901 donne à chacun la possibilité de créer une structure, d’agir, de défendre des causes qu’il serait difficile de porter seul. En cela, la diversité associative est un reflet de la société. 
Les associations répondent à des besoins, sont forces de proposition, elles font preuve d’une créativité remarquable et sont un vivier d’idées ! Et elles peuvent aussi peser sur les politiques publiques.

Les bénévoles racontent leur engagement

Renaud Charbonnier, co-président et bénévole aux Petites Cantines Bordeaux

Mon implication dans la vie associative a coïncidé avec un besoin de reconversion professionnelle, il y a 8 ans de celaquand j'ai rencontré la fondatrice de ce réseau de cantines de quartier. Leur mode de fonctionnement : des convives cuisinent puis mangent ensemble, le repas étant à prix libre. C’est une manière d’allier le goût des rencontres à celui de bienmanger. J’ai trouvé ce projet inspirant car il agit sur trois sujets cruciaux : l'alimentation, la solitude et l'entrepreneuriat social. En parallèle de cette activité et de mon travail, je suis également administrateur de la ressourcerie Pépites, sur la rivedroite. Mon emploi du temps est bien rempli, mais ces expériences m’apportent énormément. 

 

Portrait de Renaud Charbonnier, co-président et bénévole aux Petites Cantines de Bordeaux.
© P.Planchenault

Abdallah Hachim, bénévole pour l’association Help on Time

Je suis engagé auprès de l'association Help on Time depuis deux ans. Le principe est simple : lorsqu'un besoin se présente, l'association alerte son réseau de bénévoles et le premier disponible se rend sur place.J’interviens une à deux fois par semaine pour soutenir des personnes en fauteuil roulant, malvoyantes ou âgées, qui ne peuvent pas accomplir seules certains gestes du quotidien. Je pense par exemple à cette dame de 84 ans, qui vit au troisième étage, et ne peut pas sortir de chez elle sans aide. Ces interventions me renvoient à la dureté de la vie pour ces personnes, souvent isolées. Un geste, même modeste, peut changer leur quotidien. C’est ce qui me donne envie de poursuivre mon engagement. »

Portrait d'Abdallah Hachim bénévole pour l'association Help on Time.
© P.Planchenault

Marina Ramblière, bénévole auprès de l’association La Foudre prend racine

Notre association intervient à la fois dans les arts du spectacle vivant et l'éducation populaire politique, queer et féministe. Nous défendons les personnes minorisées de genre, les femmes, les personnes transgenres ou agenres, et toute la communauté LGBTQIA + et sommes également engagés contre la grossophobie et le racisme. Les valeurs de l'association m'ont tout de suite motivée, car elle est politiquement engagée et se positionne contre les injustices. J’ai commencé comme stagiaire, ce qui m’a permis de comprendre que j’avais besoin de coupler ma pratique professionnelle future avec des engagements militants. Je veux continuer à me battre pour les droits culturels des autres, d’autant que le contexte n’évolue pas de manière très réjouissante. » 

Portrait de Marina Ramblière, bénévole auprès de l'association La Foudre prend racine.
© P.Planchenault