Proximité Les "vélos épaves" désormais retirés des rues

photo d'un agent en jaune qui coupe un cadenas de vélo sur un trottoir
La ville de Bordeaux compte 17 350 arceaux de stationnement vélos © L.Timores - Ville de Bordeaux

Depuis le 16 septembre 2025, la Ville de Bordeaux déploie un vaste programme pour encadrer l’enlèvement des nombreuses épaves de vélos abandonnées dans les rues. Une opération réalisée par la Police municipale et les services de Bordeaux Métropole. Roues cassées, vélos volés ou cadres manquants : ces deux-roues encombrent les arceaux, empêchent les cyclistes de stationner et peuvent nuire à la propreté de la ville. Reportage avec les agents de surveillance de la voie publique (ASVP).

Il est 8 heures lorsque Stéphane Vaidie et son équipe d’agents ASVP arrivent rue Père Louis de Jabrun (Saint-Christoly). Leur mission du jour : procéder au relevé et à l’enlèvement de trois vélos épaves signalés il y a un mois exactement au même emplacement.

Stéphane Vaidie est muni d’une tablette avec laquelle il recense les vélos retirés © L.Timores - Ville de Bordeaux

Rapidement rejoints par une équipe de Bordeaux Métropole, les agents passent à l’action. Les cadenas sont sectionnés et les arceaux libérés. L’un des vélos témoigne de son abandon prolongé : pneu arrière à plat, guidon manquant, roue avant absente. « Nous l’avions déjà signalé il y a un mois et il est toujours là. La procédure est simple : aujourd’hui, on refait un constat photographique, puis la Métropole intervient pour scier le cadenas et retirer le vélo », explique Stéphane.

Un processus en plusieurs étapes

Entre la pose du premier autocollant d’avertissement et l’enlèvement définitif, le délai peut aller jusqu’à plusieurs semaines. Les relevés sont effectués chaque semaine et les enlèvements ont lieu deux fois par mois. Les autocollants apposés sur les vélos jouent un rôle clé. « Quand on pose le sticker, les gens comprennent qu’il s’agit d’un avertissement. Ici, il avait été retiré après le premier passage, nous l’avons donc recollé », précise l’agent.

Les antivols sont laissés sur les vélos retirés afin de permettre leur restitution aux propriétaires sur présentation de la clé © L.Timores - Ville de Bordeaux

Sur le terrain, les réactions des riverains sont très positives. « Les habitants sont souvent très contents de nous voir intervenir et viennent nous remercier. C’est beaucoup de travail, mais ça vaut le coup », confie Stéphane. Au même moment, un cycliste s’arrête : « Je suis bien content de les voir partir, ceux-là. Il n’y a jamais de place pour attacher son vélo ici. Merci pour les deux autres aussi », lance-t-il.

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C’est le nombre total de vélos retirés en 2025, dont 531 relevés.

Le parcours des vélos retirés

Une fois retirés, les vélos sont stockés pendant un mois par le Centre Incivilités Déchets (CID). Le propriétaire d’un vélo enlevé sollicite la Ville dans un délai d’un mois (Police municipale) pour récupérer son vélo en apportant la preuve quil en est bien le propriétaire. Passé ce délai, ils sont valorisés auprès d’un prestataire du réemploi (ECOLOGIC) qui leur offre une seconde vie.

Les vélos sont transportés en camion jusqu’au CID et stockés sur place © L.Timores - Ville de Bordeaux

Pour assurer le suivi, l’ensemble des vélos signalés sont recensés, classés par secteur et intégrés à une cartographie précise. Ces relevés croisent les signalements provenant des patrouilles de terrain et des plateformes « Ma Ville Facile » et « Allô Proximité. »

Vélo épave ou vélo ventouse ?

Est considéré comme épave tout cycle se trouvant sur le domaine public amputé d’au moins deux éléments indispensables à une utilisation normale (roue, guidon, selle…), présentant des signes d’inutilisation (comme des pneus dégonflés, ou de la rouille). 

Un vélo ventouse est considéré comme abandonné sur la voie publique, stationné au même endroit pendant une durée excessive (généralement plus de 15 jours), occupant inutilement l’espace public ou les arceaux de stationnement, tout en conservant l’ensemble de ses éléments essentiels.