Portrait Mathilde Walspeck (Burdis), la volleyeuse qui passe et se dépasse
Mis à jour le 2 avril 2026
Depuis son accession à l’élite du volley français en 2024, le Bordeaux-Mérignac Volley symbolise le sport féminin de haut niveau à Bordeaux, à l’instar des Lionnes du Stade Bordelais (rugby). À chaque rencontre, plus d’un millier de spectateurs garnissent les tribunes du Palais des Sports pour soutenir ses Burdis. Une consécration pour la passeuse et maître à jouer Mathilde Walspeck, qui vise toujours plus haut.
Sur la terrasse d’un établissement de la place de la Victoire, sous un plein soleil de début d’après-midi en ce mercredi de mars, Mathilde Walspeck gère tranquillement sa journée de match. À 19 heures, elle sera sur le parquet du Palais des Sports pour affronter Béziers en match en retard de la 15e journée de Ligue A, le plus haut niveau du volley français. Un rythme intense puisque les Burdis, victorieuses de Clermont le dimanche précédent, rejoueront dès ce samedi contre France Avenir. Une photographie de la vie des meilleures volleyeuses du pays.
En cette fin d’hiver, l’équipe est bien placée pour accéder aux play-in (le match des barrages), prélude à une phase finale qui peut les mener vers les sommets. »
Arrivée en 2024 à Bordeaux, la Nordiste y a trouvé une terre favorable pour exprimer son talent. Passeuse et placée naturellement au cœur du jeu, elle y côtoie un effectif qui compte une Tchèque, une Slovaque, une Canadienne et une Monténégrine. Un alliage cosmopolite qui tourne fort. En cette fin d’hiver, l’équipe est bien placée pour accéder aux play-in (le match des barrages), prélude à une phase finale qui peut les mener vers les sommets. Un bonheur pour Mathilde, dont l’altruisme est autant tourné vers ses partenaires que vers le public.
Cap au sud
Cette trajectoire ascendante du BMV, Mathilde l’a suivie depuis son recrutement en Gironde. La joueuse de 28 ans a d’abord fait ses gammes près de chez elle, dans le Nord. Originaire de Marck, entre Manche et mer du Nord, elle débute au haut niveau à quelques kilomètres de là, à Calais. Convaincante bien que peu obsédée par une carrière de volleyeuse professionnelle, elle prend ensuite la direction du Sud vers Evreux (Eure), puis Romans-sur-Isère, avant de découvrir Bordeaux.
1300
C’est le nombre de spectateurs qui viennent régulièrement voir les Burdis dans leur enceinte surchauffée du Palais des Sports (place de la Ferme de Richemont – centre ville).
Le projet de la maturité. Et un véritable phénomène local qu’elle accompagne puisque plus de 1000 spectateurs viennent régulièrement suivre les Burdis à domicile, parfois 1300. Un club dont la structure en coopérative sportive (SCIC) est rare. « Le club a vraiment évolué étape par étape. Cela a créé un engouement. C’est dû à un ensemble de choses, mais surtout le fait que le club se soit vraiment bien structuré », indique la Nordiste.
Le droit de rêver
Visage d’une campagne de communication de la Ville autour du sexisme dans le sport affichée dans la ville durant ce mois de mars, Mathilde y a pris sa place aux côtés de Nassira Konde (Stade Bordelais rugby), Blanche Rennesson (skate) et Viktoria Horpenchenko (escrime). Son message sur ce visuel : « Et si on montrait plus de sportives dans les médias ? » Dont acte.
Une petite notoriété qui n’envahit pas sa vie personnelle, mais s’avère plutôt être source de plaisir collectif les soirs de match : « À chaque rencontre, c'est un bon moment. Déjà, nous avons un bon speaker. Il y a une super ambiance et une vraie proximité avec les gens. On n'est pas des footballeurs. Je peux sortir boire un verre tranquille. Cela permet de conserver ce plaisir de partager plein de choses avec le public », explique la passeuse.
Placée au cœur du jeu pour distribuer les bons ballons, Mathilde fait apprécier sa générosité et sa justesse à ses coéquipières, catapulteuses en règle au filet. Une alchimie qui peut permettre aux Burdis de voir plus loin. Jusqu’à un titre national ? La concurrence des Mulhouse, Le Cannet et Cannes, en autres, est forte. Mais sous un soleil printanier, qu’est ce qui peut empêcher la Nordiste de rêver ?