Le mag Bordeaux Portrait d'Éric Corbeyran, scénariste BD
Mis à jour le 27 juillet 2026
Derrière le scénariste bordelais à succès se cache un homme de passions. La bande dessinée (BD) d’abord, le vin bien plus tard. Deux univers dans lesquels Éric Corbeyran s’est plongé avec la même intensité.
Un article extrait du magazine municipal "Le mag Bordeaux" n°508
La BD, passionnément
Corbeyran ne fait pas les choses à moitié. Quand une passion le saisit, elle finit par occuper tout l’espace. La première remonte à l’enfance. Dans le petit village de Lorraine où il grandit, le jeune Éric passe des heures plongé dans les aventures d’Astérix, d’Iznogoud ou de Tintin. À l’époque, les romans l’ennuient, la bande dessinée le happe. C’était facile à lire, il y avait des dessins, ça me correspondait bien
, résume-t-il. Adolescent, il remplit des cahiers entiers de planches qu’il montre fièrement à ses proches. Peu à peu, la distraction se mue en vocation. La BD m’a sauvé, sans ça, je ne sais pas ce que j’aurais fait de ma vie
, confie-t-il aujourd’hui.
Fiche d'identité
- + 4 000 albums
- Auteur de la saga
Châteaux Bordeaux
- Bordelais depuis 1987
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Des débuts difficiles
Après le bac, le jeune homme part à Angoulême pour effectuer un stage. Là-bas, un professionnel regarde ses dessins avant de lui lancer : Reviens quand ce sera terminé
. Mais pour moi, c’était déjà terminé
, rit-il aujourd’hui. Sur le moment, la phrase le gifle. Corbeyran comprend que le dessin ne sera sans doute jamais son territoire. Mais cette désillusion ouvre autre chose : le goût du récit.
Le bédéphile découvre alors Maupassant, Poe, Lovecraft et la puissance des histoires bien racontées. Pendant six ans, il enchaîne les petits boulots tout en écrivant des scénarios dans son coin. Un projet inspiré d’une légende du marais poitevin le mène finalement à Bordeaux, où vit un dessinateur prêt à collaborer avec lui. En 1990, sa première BD, Les Griffes du marais
, paraît enfin. Le début d’une oeuvre immense. Mais malgré le succès, le scénariste reste un homme discret. Dans sa maison des Chartrons, à Bordeaux, il peut passer des journées entières seul à écrire. Je n’ai jamais cherché la lumière
, glisse-t-il.
D’une passion à une autre
En 2007, un éditeur lui propose d’écrire une saga sur les grands crus bordelais. J’ai hésité parce que je n’avais aucune culture sérieuse du vin
, reconnaît-il. L’éditeur insiste. Alors, Corbeyran se donne à fond. Il rencontre l’oenologue Michel Rolland, visite des châteaux, découvre le travail des négociants avec Allan Sichel. En 2011, après 3 ans d’études, paraît Châteaux Bordeaux
, saga familiale avec le vignoble bordelais pour théâtre. La série connaît un succès considérable, jusqu’en Chine où elle est traduite.
Mais pour Corbeyran, l’aventure dépasse rapidement le simple cadre de la fiction. Peu à peu, le vin devient une véritable passion. Aujourd’hui, je peux programmer un voyage juste pour découvrir de nouveaux cépages
, raconte-t-il. Dans sa maison, il fait même creuser une étonnante cave ovale sous son salon. À travers cet univers, le scénariste redécouvre aussi Bordeaux et son histoire. J'ai enfin compris pourquoi le cours du Médoc, à deux pas de chez moi, porte cenom
, s’amuse-t-il. Comme si cette plongée dans le monde du vin lui avait offert une nouvelle manière de regarder la ville où il vit depuis près de quarante ans.