Le mag Bordeaux Saint-Seurin–Fondaudège, l'esprit village au cœur de Bordeaux

Photo d'un marché sur une place arborée
Les étals du marché Saint-Seurin, un rendez-vous incontournable. © P. Planchenault

Entre marché de quartier, patrimoine et vie associative, la place des Martyrs de la Résistance revêt des airs de village. Une éloge de la lenteur et de la convivialité que les habitants cultivent chaque jour. 

Un article extrait du magazine municipal "Le mag Bordeaux" n°508

À quelques pas de l’agitation du centre-ville, il suffit de descendre la rue Judaïque pour sentir que le rythme change. Ici, entre Tourny et les boulevards, on cultive un art de vivre presque villageois. Sur la place des Martyrs de la Résistance, les passants vont et viennent au gré de leurs emplettes. Les habitants se saluent par leur prénom. « On se connaît tous un peu ici », sourit Anne, installée dans le quartier depuis plus de 20 ans.

Le vendredi matin, c’est jour de marché. On vient autant pour remplir son panier que pour prendre des nouvelles. Bercés par le chant des oiseaux, les chalands avancent entre les étals. Sur ce marché, « on trouve de tout, mais surtout des produits de qualité », sourit une habituée, cabas au bras. 

Louis, vendeur de champignons, fait découvrir ses pleurotes et shiitakés cultivés du côté de Saint-Émilion. Plus loin, les primeurs alignent tomates anciennes, asperges et fraises locales. Entre deux achats, les conversations s’éternisent. On parle recettes, météo, travaux du quartier. 

Les habitants viennent acheter leurs fruits et légumes frais chaque vendredi. © P. Planchenault

Une vie associative riche

Cet esprit collectif est porté par plusieurs associations. Celle du Faubourg Saint-Seurin par exemple multiplie les initiatives pour animer le quartier et créer du lien entre les riverains. Vide-grenier au printemps, petit marché de Noël en décembre, sorties conviviales… autant d’occasions de rassembler les habitants. 

Depuis peu, ses membres se sont aussi lancés dans un projet plus inattendu : planter des vignes. Les premières vendanges sont espérées pour 2028. Une manière de renouer avec l’histoire locale. « Il y avait autrefois des vignes ici  », rappelle un membre de l’association. «  On avait envie de faire revivre cette mémoire. »

L'hôtel Frugès à l'architecture inspirée de l'Art Nouveau et de l'Orientalisme est un hôtel particulier classé au titre des monuments historiques. © P. Planchenault

Le patrimoine au cœur du quotidien 

Depuis son officine installée sur la place, le pharmacien observe chaque jour cette vie de quartier avec, en toile de fond, la basilique Saint-Seurin. « Je ne me lasserai jamais de cette vue », confie-t-il. « Si un jour je devais déménager, une chose est certaine, je resterai sur la place ! »

Avec sa façade romane et son clocher qui semble veiller sur le quartier, la basilique donne à la place une identité singulière. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle rappelle que Saint-Seurin fut longtemps un haut lieu de passage pour les pèlerins. 

Pour revivre l’histoire de la basilique, des voyages sonores y sont proposés  jusqu’au 2 novembre. Presque face à elle, un autre bâtiment attire le regard : la maison Frugès et ses lignes Art déco, qui ajoutent à l’élégance discrète de la place. Entre patrimoine ancien et architecture du XXe siècle, le quartier cultive bien un charme à part. 

Ils en parlent 

Dany Mahadzere, président de l’association Faubourg Saint-Seurin.

« Ce que j’aime dans le quartier, c’est qu’on a tout à portée de main. Il y a les écoles pour les enfants, les commerces, le marché, les médecins, les cafés… Je fais quasiment tout à pied ou à vélo. On a tout sur place, sans avoir besoin de quitter le quartier. »

Portrait d'un homme en chemise
Dany Mahadzere, président de l’association Faubourg Saint-Seurin

Elisabeth, habitante du quartier

« Ici, tout est calme. C’est ce que j’aime le plus. On entend très peu les voitures, les gens ne sont pas dans la précipitation. Souvent, je me pose sur mon balcon avec un café et j’écoute presque le silence. En plein Bordeaux, 
c’est un vrai luxe. » 

Portrait d'une femme qui sourit
Elisabeth, habitante du quartier

Clément Balaguer, artisan boucher

« À Saint-Seurin, les gens viennent faire leurs courses presque tous les jours, alors forcément, au fil du temps, on 
apprend à les connaître. Je fais un peu partie de leur quotidien, comme eux font partie du mien. C’est ce côté humain qui rend le quartier aussi agréable. » 

Portrait d'un homme en chemise
La boucherie Saint-Seurin se situe 6 rue Capdeville.

Sur le même sujet