Jeunesse « Une responsabilité morale » : la Ville de Bordeaux lance son plan de lutte contre les violences faites aux enfants

Photo de Thomas Cazenave et Anne Fahmy devant un pupitre
Thomas Cazenave, maire de Bordeaux, et Anne Fahmy, adjointe au maire en charge de l'éducation et de l'enfance, ont présenté le Plan de lutte contre les violences faites aux enfants de la Ville de Bordeaux, le 8 juillet 2026 à l'hôtel de ville. © T. Sanson / Ville de Bordeaux

Grande cause du mandat, la lutte contre toutes les formes de violences et de harcèlement se dote d’une nouvelle ambition à Bordeaux pour protéger nos enfants. Le combat contre les violences physiques, psychologiques et sexuelles visant les plus jeunes sera désormais porté par un plan construit depuis plusieurs mois avec les acteurs de l’éducation et de l’animation. Son objectif : passer d’une logique de la réaction en une logique de la prévention en plaçant l’enfant au cœur du dispositif.

Près de 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France. Ce chiffre, livré par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), donne le vertige.

Érigée en  grande cause du mandat  de la nouvelle majorité, la lutte contre les violences et le harcèlement s'accélère avec un plan spécifique autour de l’enfance présenté ce 8 juillet 2026. Ce plan détaillé vise à apporter une réponse forte, collective et structurée à Bordeaux pour protéger les enfants des violences physiques, psychologiques et sexuelles.

Il est de notre responsabilité d’agir. Cela passe par un plan ambitieux et structuré."

Thomas Cazenave

La Ville intervient dans plusieurs domaines au contact des jeunes Bordelaises et Bordelais :

  • Dans les écoles, les bibliothèques, au conservatoire, les structures municipales culturelles et sportives.
  • Elle est concernée par les activités péri et extrascolaires, dont les structures qui emploient les animateurs ont passé des conventions avec la Ville.

Qu’il s’agisse du milieu scolaire ou périscolaire, le dispositif vise à ne laisser aucun angle mort à ce périmètre d’intervention.

Le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, et son adjointe à l’éducation et l’enfance, Anne Fahmy, ont résumé cette ambition ce mercredi 8 juillet :  Nous voulons être une ville exemplaire dans la protection de l’enfance. Il est de notre responsabilité d’agir. Cela passe par ce plan ambitieux et structuré . Une volonté qui passe par un changement de logiciel, en passant d’une logique de la réaction à une logique de prévention.

Au cœur du dispositif : savoir entendre la parole de l’enfant, détecter les signaux faibles et les situations préoccupantes, le protéger et orienter sans délai les familles.

Passer de la réaction à la prévention

Pour cela, le plan s’appuie sur l’intégralité des recommandations de la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants),  voire au-delà . Sa préparation a rapproché l’Éducation Nationale, le Service départemental à la Jeunesse, à l’Engagement et aux Sports (SDJES), le tissu associatif local et les parents d’élèves pour renforcer encore sa pertinence au contact du terrain.

Trois axes majeurs

1 - La prévention des violences : un suivi appuyé des agents


Un contrôle de  l’honorabilité  des animateurs du péri et de l’extrascolaire est déjà réalisé lors des phases de recrutement et plusieurs fois par an par les services du Département. Trois fichiers sont étudiés : le casier judiciaire n°2, le fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violents (FIJAIS) et le fichier des cadres interdits (sanctions administratives).

  • Si le casier judiciaire est déjà étudié avant le recrutement des agents municipaux, des contrôles similaires vont désormais les concerner afin de sécuriser les embauches, mais aussi de les suivre régulièrement durant leur carrière au sein de la collectivité.
    Une formation au recueil de la parole de l’enfant, sous la forme d’une vidéo imaginée par la Ville, l’Éducation Nationale, la Gendarmerie et le Département, a déjà permis de sensibiliser 2 000 agents dans les écoles et l’animation.
  • Un plan de formation continue obligatoire va voir le jour, dispensé auprès de l’ensemble du personnel travaillant au contact des enfants. Les élus vont également être sensibilisés.
  • La Ville va également dresser un plan de réaménagement des écoles afin que les situations d’isolement adulte/enfant puissent être évités au maximum, comme dans les toilettes par exemple.

2 - L’alerte, la protection et la coordination : la transparence exigée

Lorsque des faits sont signalés ou suspectés, la parole de l’enfant est systématiquement entendue et des mesures de retrait appliquées immédiatement aux personnels concernés. Une information préoccupante peut être transmise aux services départementaux, voire une enquête administrative menée.

La coordination des acteurs va être renforcée. Un travail de communication, imaginé en lien avec le parquet, l’Éducation Nationale et les services départementaux doit permettre de mieux communiquer au sujet d’éventuels affaires, dans la mesure des possibles offerts par la Justice.
Mieux accompagnées, les familles seront davantage guidées, et une cellule d’écoute et de soutien à destination des agents va être ouverte.

3 - La communication et la sensibilisation : rassurer et informer

Si des ateliers d’éducation à la vie affective et relationnelle sont organisés trois fois par an dans les écoles primaires par l’Éducation nationale, la Ville agit également via la Santé scolaire en animant un atelier de prévention sur le consentement, suivi par 1 000 enfants par an.

  • Les numéros utiles vont être affichés ostensiblement dans les écoles. 
  • Des ateliers de sensibilisation au respect du corps dans les classes, à la prévention auprès des familles et aux compétences psychosociales destinés aux enfants, seront multipliés. 

Cette réponse se veut collective. Elle passe par un meilleur accueil de la parole de l’enfant et la volonté de favoriser son expression.  Nous voulons livrer un message de confiance. Personne n’est laissé au bord du chemin. L’objectif, c’est de renforcer la confiance , a conclu Anne Fahmy.
 

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