"Voix olympiques" : Marie-Odile Badie (Maison de quartier Chantecler)

A travers la série "Voix olympiques" la Ville part à la rencontre de Bordelais impliqués sportivement ou émotionnellement dans les Jeux Olympiques de Paris 2024.

Épisode 4 avec Marie-Odile Badie, licenciée d'Atout Coeur (sport santé, Maison de quartier Chantecler).
Marie-Odile Badie était hockeyeuse à haut niveau. Elle suit désormais les séances de sport santé d'Atout Coeur, à Chantecler.
Marie-Odile Badie était hockeyeuse à haut niveau. Elle suit désormais les séances de sport santé d'Atout Coeur, à Chantecler.

Épisode 4 - Marie-Odile Badie, de petit rat de l'Opéra au sport santé

Marie-Odile Badie est une historique des Chartrons, une battante. A 75 ans, la Bordelaise fréquente aujourd'hui les cours d'Atout Coeur, une section de la Maison de quartier de Chantecler dédiée à l'accompagnement des personnes ayant subi une difficulté cardiaque. Ces séances de sport santé sont tout autant une manière de s'entretenir que de partager une ambiance de détente et de travail, parfois intense ! Une débauche d'énergie habituelle pour cette ancienne joueuse de hockey de haut niveau.

En 1968, Marie-Odile Badie (alors Plissonneau-Duquène) a 18 ans quand elle s'envole pour Mexico afin d'assister à de mémorables Jeux Olympiques d'été en altitude. Mais pas en simple spectatrice. Deux de ses frères sont alors membres de l'équipe de France olympique de hockey sur gazon. "Je me souviens d'avoir été complètement perdue au milieu de cette foule, mais aussi d'avoir découvert une équipe pakistanaise incroyable ! À ce niveau-là, on devient admirative." Une séquence forte dans le parcours de sportive de la Bordelaise, désormais habituée des cours de sport-santé de Chantecler. Une discipline précieuse à chaque étape de la vie.

Ce mardi de juin, Marie-Odile nous accorde un moment sur un banc de la Maison de Quartier de Chantecler après 1h30 d'exercices intenses. La Bergeracoise de naissance ne manifeste aucun indice de fatigue. La doyenne des séances d'Atout Coeur se prête même volontiers à une séance photos et à un tournage vidéo après un entretien où de nombreux souvenirs refont surface.
 
 

La jeune Marie-Odile (à gauche), en 1967, sous les couleurs des Girondins.
La jeune Marie-Odile (à gauche), en 1967, sous les couleurs des Girondins.

Petit rat puis ailière

Issue d'une famille impliquée dans le commerce du rhum (Rhumerie Duquesne), cette cadette d'une fratrie de cinq démontre très rapidement des aptitudes physiques, et même artistiques. A 3 ans et demi, elle débute la danse classique et franchit rapidement les obstacles menant vers l'excellence. Au point de remporter un concours destiné aux potentiels nouveaux "petits rats" de l'Opéra. Direction le Palais Garnier donc, à Paris. Mais très attachée à son cercle familial, Marie-Odile abrège l'expérience et retrouve rapidement Bordeaux pour se saisir cette fois d'une crosse de hockey, poussée par ses trois frères. Elle intègre la section des Girondins de Bordeaux et parcourt alors la France pour affronter les meilleurs.

La discipline est exigeante. Marie-Odile y laissera un genou aujourd'hui entièrement remplacé et une épaule amochée. "C'est un sport très rapide, surtout en salle. J'étais ailière et je devais aller vite. Mais ce sont mes meilleures années de sportive. Je me suis éclatée ! J'adorais l'esprit de groupe, jouer pour la gagne. Je me souviens avoir disputé des matchs jusqu'en Allemagne, où nous avions pris d'ailleurs une raclée !" Face à un père motivateur en chef, qui pousse ses ouailles à dominer, elle se taille un mental solide.

Une section taillée sur mesure

Joueuse de ses 14 à ses 22 ans, Marie-Odile stoppe finalement ses années hockey pour fonder une famille. Sans pour autant écarter le sport qui l'occupera plusieurs fois par semaine tout au long de sa vie. À 57 ans, un léger problème à la carotide lui impose une intervention chirurgicale. Pour se remettre de cet épisode, Marie-Odile s'inflige un an de kinésithérapie avant de prendre la direction de la Maison de quartier Chanteclerc, à quelques dizaines de mètres de son domicile. C'est ici qu'Atout Coeur y dispense ses sessions de sport-santé.

Cette section spécifique s'est associée aux services de cardiologie de la polyclinique Bordeaux Nord et de l'hôpital Haut-Lévêque (Pessac) afin d'aiguiller des patients ayant été victimes d'un accident et pour qui la reprise d'une activité sportive peut représenter un bénéfice immédiat.

"Vivre au jour le jour"

Au programme : de la sueur. Renforcement, étirements, abdos… le groupe ne souffle pas. "C'est dur, mais il faut le faire. Vous venez de nous voir, on a l'air de se marrer. Mais ça fonctionne !" L'un de ses compères, qui a subi des arrêts cardiaques, vient y travailler son palpitant. Pour tenir la cadence, les licenciés rient aussi, beaucoup. Entraînés par la bonne humeur, les coeurs bossent et les esprits s'allègent : "Ici, j'oublie tout ce qui ne va pas."

Cela fait "6 ou 7 ans" que Marie-Odile vient à la maison de quartier deux fois par semaine sous la houlette de Carine et Fred, ses deux coachs. "La moyenne d'âge tourne autour des 60 ans, certains ayant affronté de gros soucis cardiaques. Mais nous avons eu aussi un collègue de près de 80 ans." Toujours souple et affutée, elle sait le prix et l'importance d'une bonne santé et n'est pas prête à stopper ses efforts : "Je vis au jour le jour !"

La septuagénaire loue les vertus du sport-santé.
La septuagénaire loue les vertus du sport-santé.